À l’occasion de la Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines, célébrée ce 13 avril 2026, la République démocratique du Congo ravive une inquiétude sourde, mais bien réelle. À Kinshasa, experts, autorités et victimes ont uni leurs voix pour rappeler l’urgence d’une mobilisation nationale face à un danger silencieux qui continue de hanter de vastes étendues du territoire.
Dans la salle Virunga du ministère de l’Intérieur, le Centre Congolais de Lutte Antimines a orchestré une rencontre d’envergure, rassemblant acteurs politico-administratifs, forces de défense et de sécurité ainsi que partenaires techniques. Mais au-delà des discours officiels, ce sont les témoignages bouleversants des survivants qui ont donné à cette journée une intensité particulière, transformant l’enceinte en un espace de mémoire et d’alerte.
Au cœur de cette tribune, le coordonnateur national du CCLAM, Emmanuel Lokinu Omanga, a dressé un constat sans détour. Plusieurs zones du pays demeurent encore piégées par des mines et restes explosifs de guerre, menaçant quotidiennement des milliers de civils. Une réalité implacable, à la fois invisible et omniprésente, qui continue de faucher des vies et d’entraver toute perspective de retour à la normalité.
Mais le drame dépasse le seul cadre humanitaire. Il s’inscrit dans une spirale qui freine le développement socio-économique : terres agricoles abandonnées, villages enclavés, populations condamnées à vivre sous la menace permanente. Face à cette équation complexe, Emmanuel Lokinu Omanga a lancé un plaidoyer vibrant en faveur d’un soutien accru, appelant à une mobilisation des ressources pour renforcer les actions de dépollution, malgré les défis sécuritaires et logistiques persistants.
Rappelant les engagements du pays au titre de la Convention d’Ottawa, il a insisté sur la responsabilité incontournable de l’État dans l’éradication de ces engins meurtriers. En réponse, le vice-ministre des Affaires coutumières, représentant le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, a salué la pertinence de ce plaidoyer et promis sa transmission aux instances compétentes.
Entre urgence humanitaire et impératif de développement, cette journée sonne comme un appel à l’action, pour qu’enfin s’esquisse l’horizon d’un Congo libéré de l’ombre des mines.
Guy Yuma G-Y






