Kinshasa, mégapole vibrante et bouillonnante, voit chaque jour ses artères envahies par une multitude de motos. Ce moyen de transport, apprécié pour sa rapidité et son accessibilité, s’est imposé comme une solution pratique face aux embouteillages chroniques. Mais derrière cette utilité se cache une réalité plus sombre : la moto est devenue l’alliée privilégiée des criminels.
Une mobilité qui défie l’ordre public
Les braqueurs à moto opèrent avec une facilité déconcertante. Ils surgissent, frappent, et disparaissent aussitôt, laissant derrière eux des victimes désemparées. Leur capacité à traverser les quartiers sans entrave, à se faufiler dans les ruelles et à se volatiliser dans la circulation dense rend leur arrestation extrêmement difficile. Les forces de l’ordre, souvent dépourvues de moyens adaptés, peinent à contrer cette menace mouvante.
Des exemples récents qui choquent
La matinée de ce mardi 31 mars a été marquée par un braquage spectaculaire à Binza Delvaux : un bureau de change a été pris pour cible et les malfrats, arrivés à moto, ont emporté des fonds avant de disparaître comme ils étaient venus. Quelques jours plus tôt, un épisode tragique s’est déroulé à Yolo : un chef de famille, vendeur de bijoux au Grand marché, a été abattu lors d’un braquage sanglant. Ces exemples ne sont pas isolés. Ici et là, la capitale déplore des actes criminels qui se répètent, nourrissant un climat de peur et d’insécurité.
Une population livrée à la peur
Les témoignages se multiplient : vols de téléphones, braquages à main armée, agressions ciblées. Les habitants dénoncent une recrudescence inquiétante de ces méfaits. Chaque moto qui s’approche suscite désormais la méfiance, voire la panique. Ce climat d’insécurité fragilise le tissu social et accentue le sentiment d’abandon des citoyens, qui se plaignent invariablement de l’absence de réponses efficaces.
L’ambivalence d’un outil de mobilité
Ironie du sort, la moto qui devait faciliter la vie urbaine est devenue synonyme de menace. Elle incarne à la fois la modernité d’un transport agile et la brutalité d’une criminalité insaisissable. Cette ambivalence nourrit un malaise collectif : comment concilier la nécessité de ce moyen de transport avec la sécurité publique ?
Une réponse urgente fort attendue
La recrudescence des braquages à moto interpelle les autorités et la société civile. Des mesures adaptées — régulation stricte, contrôle renforcé, sensibilisation — s’imposent pour endiguer ce fléau. Car tant que les motos continueront à circuler sans encadrement, elles resteront des armes de prédilection pour ceux qui sèment la terreur dans la capitale.
B.M.






