Le procès très médiatisé du viol collectif dont a été victime Deborah
Kayumba Senga avait suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique.
Présenté comme un exemple de justice face à un crime odieux, ce procès avait mobilisé l’attention de nombreux citoyens et nourri l’espoir d’une prise en charge sérieuse de la victime.
Mais aujourd’hui, plusieurs semaines après ce jugement très commenté, une question troublante refait surface : qu’est devenue la victime elle-même ?

Selon les déclarations récentes de la mère de Deborah dans un média, la situation de la jeune fille demeure particulièrement préoccupante.
Toujours marquée physiquement et psychologiquement par cette agression, elle continuerait de souffrir sans bénéficier d’une véritable prise en charge médicale et sociale.
D’après sa mère, depuis le début de cette affaire, la famille n’aurait reçu qu’une aide de 50.000 francs congolais, une somme qui leur a permis d’effectuer quelques examens médicaux et d’acheter quelques médicaments.
Depuis lors, affirme-t-elle, aucune autre assistance n’aurait été apportée, ni par les autorités ni par d’autres structures susceptibles d’accompagner la victime dans sa convalescence.

« Ma fille souffre beaucoup et a besoin d’une prise en charge », insiste la mère, qui lance un appel pressant pour une assistance médicale appropriée.
Cependant, autour de cette affaire, une polémique avait déjà éclaté à la veille du verdict du procès. Plusieurs acteurs de la société civile avaient accusé la ministre provinciale de la santé Pichou Kahinda d’avoir perçu une somme de 10.000 dollars américains auprès du gouvernement, destinée à soutenir les soins et la prise en charge de la victime.
Selon ces accusations, seule une somme de 50.000 francs congolais aurait finalement été remise à la famille.
Ces allégations avaient alimenté de nombreuses discussions dans l’opinion publique, certains y voyant un possible détournement d’une aide destinée à la victime.
Contactée par notre rédaction, la ministre provinciale avait formellement rejeté ces affirmations.
Elle avait déclaré n’avoir jamais reçu une telle somme du gouvernement pour les soins de la victime.
Selon elle, les 50.000 francs congolais remis à la famille provenaient de sa propre contribution personnelle, et non d’un quelconque financement officiel.
Malgré ces clarifications, la situation actuelle de la victime continue d’alimenter les interrogations.
Pour de nombreux observateurs, la question dépasse désormais la polémique, comment expliquer qu’après un procès aussi médiatisé, la victime elle-même semble aujourd’hui livrée à son sort ?
Pour certains acteurs sociaux, cette affaire met en lumière une problématique plus large , celle de la prise en charge des victimes de violences sexuelles.
Car au-delà des procédures judiciaires et des condamnations, ces victimes ont souvent besoin d’un accompagnement médical, psychologique et social sur la durée.
Dans ce contexte, plusieurs voix estiment que la justice ne devrait pas se limiter à sanctionner les auteurs des crimes, mais également garantir la protection et la reconstruction des victimes, afin qu’elles ne continuent pas à subir seules les conséquences de ces violences.
En attendant, la famille de Deborah affirme rester ouverte à toute initiative de personnes de bonne volonté ou d’organisations susceptibles d’apporter une assistance à la jeune victime.
Leur souhait est juste que Deborah puisse enfin recevoir les soins nécessaires et bénéficier d’un véritable accompagnement pour se reconstruire.
Car au-delà de l’émotion suscitée par le procès, une réalité demeure, la justice pour une victime ne s’arrête pas au verdict d’un tribunal, elle se poursuit dans la prise en charge et la dignité qui lui sont accordées.
Kent Ilunga






