Alors que les tractations s’intensifient autour de la facilitation du Dialogue national inclusif, le professeur Michel Bongongo livre une analyse sans concession sur les défis de la médiation. Selon lui, la crise de confiance chronique entre Congolais constitue le premier obstacle à surmonter.
« Depuis 1960, la méfiance est devenue notre mode de vie communautaire », constate-t-il, plaidant pour un médiateur « prêt à porter la croix » et affranchi de tout intérêt matériel. Son exigence est claire : impartialité totale, objectivité inébranlable et capacité à sécuriser toutes les parties prenantes.
Face aux soupçons qui pourraient peser sur un seul acteur, le professeur Bongongo propose une alternative. À défaut d’un facilitateur faisant l’unanimité, il suggère l’installation d’un bureau de médiation collégial. Celui-ci serait composé d’un président et de quatre membres issus de la majorité, de l’opposition, de la société civile et des experts de l’administration publique – qu’il qualifie de « servomoteur de l’État ». Tous, après sélection par leurs composantes respectives, seraient soumis à l’enterinement du chef de l’État.
Concernant la présidence de ce bureau, le choix du président João Lourenço par l’Union africaine recueille un satisfecit. L’influence dont jouit le dirigeant angolais auprès de la classe sociopolitique congolaise est jugée « très positive » pour l’aboutissement du processus.
Une mise en garde implicite, alors que persistent des interrogations sur la sincérité des intentions des parties prenantes au sein de ce processus déjà maintes fois reporté.
Guy Yuma G-Y






