Inaugurée en grande pompe en 2023, l’avenue Elengesa, rebaptisée Félix Tshisekedi, traversant les communes de Kalamu, Ngiri-Ngiri, Makala, Selembao et Bumbu, devait incarner la modernisation urbaine de la capitale. Longue de 6,7 km et financée à hauteur de 24 millions USD, elle est aujourd’hui le symbole d’un échec retentissant : crevasses, fissures, nids-de-poule et eaux usées mal canalisées témoignent d’une dégradation précoce qui scandalise les habitants.
Une promesse de modernité vite effritée
Pensée comme une vitrine du renouveau urbain, cette artère stratégique devait fluidifier la circulation et redonner confiance dans la capacité de l’État à transformer l’argent public en infrastructures durables. Moins de trois ans après son inauguration, elle illustre au contraire les failles de la planification et du suivi des travaux publics.
Colère et désillusion des Kinois
Pour les riverains, la route est devenue un cauchemar quotidien. Les taxis et bus s’y engagent à reculons, les piétons slaloment entre flaques et fissures. « Comment peut-on investir 24 millions pour un résultat si fragile ? », s’indigne un citoyen qui exprime le ras-le-bol collectif. La désillusion est d’autant plus forte que cette avenue porte le nom du chef de l’État, censée incarner une nouvelle ère.
Un défi national
Au-delà de Kinshasa, l’affaire révèle un problème systémique : la difficulté à garantir la qualité et la durabilité des infrastructures publiques. Les experts pointent le manque de contrôle des chantiers, l’opacité des marchés et l’absence de maintenance régulière. Dans un pays où les routes sont vitales pour l’économie et la mobilité, chaque défaillance devient un symbole de gouvernance défaillante.
La ruine prématurée de l’avenue Félix Tshisekedi relance le débat sur l’usage des fonds publics et la responsabilité des autorités. Pour les Kinois, le message est clair : il ne suffit plus d’inaugurer, il faut construire pour durer. La voirie n’est pas seulement une question de béton, mais de confiance nationale.
B.M.






