Les discussions entre la République démocratique du Congo et les États-Unis autour des minerais stratégiques franchissent une nouvelle étape. Kinshasa a récemment transmis à l’administration américaine une liste restreinte de projets miniers susceptibles d’entrer dans le cadre du partenariat bilatéral sur les minerais critiques. Washington doit désormais examiner ces actifs afin d’évaluer l’opportunité d’y investir.
Parmi les projets proposés figurent des licences de manganèse et d’or situées à Kisenge, au sud de la RDC. Ces gisements avaient déjà fait l’objet de partenariats, notamment avec des opérateurs tanzaniens, sans toutefois produire les résultats escomptés, d’où la relance du dossier auprès des investisseurs américains.
La liste comprend également le projet cuivre-cobalt de Mutoshi, exploité par Chemaf. Située à proximité de Kolwezi, cette mine est au cœur d’enjeux stratégiques, la Gécamines entreprise minière publique envisageant d’en reprendre le contrôle pour l’intégrer au partenariat avec les États-Unis.
Cette dynamique suscite toutefois des réserves.
La plateforme de la société civile Casmia-G a alerté, mercredi 21 janvier, sur la nécessité pour l’État congolais de ne pas « céder les mines aux grandes puissances pour se contenter de résidus ». Elle plaide pour des accords garantissant une réelle valeur ajoutée nationale.
D’autres actifs figurent également sur la liste transmise à Washington : quatre permis aurifères appartenant à la Sokimo, dans le nord-est du pays, ainsi que des licences de lithium détenues par la Cominière dans la province du Tanganyika.
S’y ajoutent des projets portés par la Sakima, société aurifère active dans les provinces du Kivu et du Maniema. Ces actifs concernent principalement l’or, le coltan et la wolframite, un minerai stratégique associé au manganèse.
Dans l’Est du pays, toutefois, la situation sécuritaire reste un facteur déterminant : certaines zones minières, dont le site stratégique de Rubaya, demeurent sous le contrôle de l’AFC/M23, soulevant des interrogations sur la faisabilité effective de certains projets.
À mesure que le partenariat RDC–États-Unis se précise, une question centrale demeure : quels gisements seront réellement exploitables et à quelles conditions l’État congolais pourra-t-il préserver ses intérêts dans un accord aux enjeux à la fois économiques, géopolitiques et sécuritaires ?
B.M.






