Un climat de tension semble s’installer entre l’Assemblée provinciale et l’exécutif du Tanganyika, à un moment particulièrement sensible pour cette province de l’Est de la République démocratique du Congo.

Lors d’un point de presse tenu ce samedi 14 février 2026, Cyril Kimpu Awel, président de l’Assemblée provinciale, a reconnu publiquement que le gouvernement provincial « a montré ses limites ». Une déclaration forte, qui traduit un malaise institutionnel de plus en plus perceptible entre les deux organes clés de la gouvernance provinciale.

Face aux critiques et aux attentes croissantes de la population, le président de l’organe délibérant a appelé les députés à faire preuve d’unité et du sens élevé de responsabilité. Il a annoncé la convocation prochaine d’une réunion interinstitutionnelle entre les députés provinciaux, les membres du gouvernement et les représentants de la société civile afin d’identifier les blocages qui freinent l’action publique et proposer des solutions concrètes susceptibles de relancer la machine administrative.
Un délai de quatre mois sera accordé pour évaluer les résultats de cette démarche. « Nous ne pouvons accepter que cinq ans de mandat soient dilapidés en discours sans impact », a-t-il averti, insistant sur la nécessité d’aboutir à des avancées tangibles et mesurables.
Cependant, au-delà des divergences politiques et des mécanismes de contrôle institutionnel légitimes, plusieurs observateurs s’inquiètent du timing de cette crispation.
La province du Tanganyika évolue dans un contexte sécuritaire fragile, marqué par les menaces persistantes du mouvement rebelle AFC/M23 et ses alliés.
Dans une province sous pression sécuritaire, toute fracture ouverte entre l’Assemblée provinciale et l’exécutif risque d’affaiblir la cohésion institutionnelle et d’envoyer un signal de fragilité.
Un conflit politique prolongé, à ce stade, ne profiterait qu’aux forces hostiles qui cherchent à exploiter les divisions internes pour étendre leur influence.
L’heure semble donc moins aux querelles institutionnelles qu’à la consolidation du front interne.
Si le contrôle parlementaire demeure un pilier de la démocratie provinciale, il appelle également à une gestion responsable des divergences, dans un esprit de collaboration et de sauvegarde de l’intérêt supérieur de la province.
Le Tanganyika se trouve ainsi à la croisée des chemins, soit transformer cette interpellation en opportunité de redressement et de cohésion, ou laisser s’enliser une crise politique dont les conséquences pourraient dépasser le simple cadre institutionnel.
Kent Ilunga



