À Kaziba, chefferie du territoire de Walungu, au sud de Bukavu, les civils vivent aujourd’hui dans un véritable enfer quotidien. Sous le contrôle des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, la population se retrouve coincée au milieu de champs de mines, avec des conséquences dramatiques sur la vie et la mobilité des habitants.

Selon des sources locales, près de 100 civils ont perdu la vie et plus de 230 ont été grièvement blessés depuis l’occupation de la zone. Les victimes sont des enfants, des agriculteurs et des femmes, frappés alors qu’ils tentaient de mener des activités banales : aller à l’école, cultiver les champs ou chercher du bois. Dans le même temps, les structures sanitaires locales sont à bout, avec des ruptures de médicaments qui aggravent la crise humanitaire.
Depuis l’arrivée du M23/RDF, Kaziba est coupée du reste du monde : aucun réseau mobile ni connexion internet ne permet de signaler les incidents ou de demander de l’aide. Les habitants sont contraints de gravir des collines dangereuses à la recherche d’un signal, s’exposant eux-mêmes aux mines qui parsèment le territoire.

Ces pratiques constituent des violations flagrantes du droit international humanitaire, en particulier de la Convention d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel signée par le Rwanda et du Statut de Rome protégeant les civils en temps de conflit.
Face à cette situation, les équipes de la Croix-Rouge ont lancé des opérations de déminage ciblées, visant à sécuriser les axes les plus dangereux et à limiter le nombre de victimes. Mais les habitants vivent toujours sur ce qui peut être décrit comme un cimetière à ciel ouvert, dans l’attente d’un engagement plus large de la communauté internationale.
À Kaziba, le silence médiatique et l’isolement technologique ne doivent plus masquer la tragédie qui frappe chaque jour les civils, exposés à la mort dans l’indifférence générale.
Guy Yuma G-Y






