À Kinshasa, face aux caméras d’Israël Mutombo dans l’émission bosolo na politik, Tony Yoka ne parlait pas seulement d’un combat. Il parlait d’orgueil, d’identité, de revanche. Le champion olympique 2016 a clairement exprimé son souhait : affronter à nouveau Martin Bakole, cette fois en République démocratique du Congo. Et il l’a dit sans détour : « Si on refait ce combat, je gagne par KO. »
Son premier duel contre Bakole reste une cicatrice sportive. Battu aux points, Yoka ne cherche pas à effacer le verdict. Il l’assume. Mais il explique. Une préparation compliquée, un nez fragilisé, une période personnelle difficile. « Je n’étais pas dans les meilleures conditions », reconnaît-il avec franchise. Derrière le boxeur, on sent l’homme qui revient d’une phase instable et qui veut reprendre le contrôle de son histoire.
Ce voyage à Kinshasa a aussi réveillé une autre sensibilité : celle de ses origines. Des propos attribués à Bakole auraient remis en question sa légitimité congolaise. Une remarque qui l’a touché plus profondément que les coups reçus sur le ring. « Je suis franco-congolais, né d’un père congolais. Je suis fier de mes racines », a-t-il affirmé calmement, mais avec conviction.
Le débat a même débordé du cadre sportif lorsqu’il a évoqué la Coupe d’Afrique des nations. Yoka assure avoir participé bénévolement à la promotion du maillot des Léopards. Une manière pour lui de prouver son attachement au pays. Derrière les mots, on perçoit le besoin d’être reconnu, pas seulement comme boxeur, mais comme fils du Congo.
Aujourd’hui, il dit avoir changé. Nouveau staff, préparation plus rigoureuse, esprit plus stable. Il ne parle plus comme un jeune espoir olympique, mais comme un homme qui a connu l’échec et qui veut se relever. La revanche contre Bakole, pour lui, dépasse le simple enjeu sportif : c’est une question de crédibilité.
Invité par le ministre des Sports Didier Budimbu, Yoka a plaidé pour que le combat ait lieu à Kinshasa. Il imagine une grande soirée de boxe, un public congolais passionné, une atmosphère électrique. Un moment qui marquerait les esprits.
Rien n’est encore signé. Mais une chose est sûre : en venant à Kinshasa, Tony Yoka n’est pas venu régler des comptes. Il est venu chercher une seconde chance. Et il semble prêt à tout pour la saisir.
ML






