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Six mois sans paie : l’affaire ANTW ou le mépris institutionnalisé des travailleurs

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Depuis plus de six mois, un climat de détresse silencieuse s’est installé au sein de l’entreprise ANTW.
Derrière les murs de cette société, des travailleurs continuent d’exécuter leurs tâches avec une régularité presque mécanique, mais sans la moindre contrepartie salariale.
Une situation qui, au fil des semaines, s’apparente de plus en plus à une faillite morale et sociale.

Ils sont plus de cinquante agents à cumuler des arriérés de salaire. Pour ces hommes et ces femmes, le quotidien est devenu un combat permanent.
Pères et mères de famille quittent leurs domiciles à l’aube, rentrent tard le soir, dans l’espoir de préserver un emploi qui, paradoxalement, ne leur permet plus de vivre.

Dans les foyers, les conséquences sont dramatiques : loyers impayés, scolarité des enfants compromise, alimentation réduite au strict minimum.
La dignité même du travailleur est mise à rude épreuve.

Au cœur de la colère, un sentiment d’injustice profonde.
D’apres des témoignages recueillis, les responsables d’ANTW seraient davantage préoccupés par des intérêts personnels que par le respect de leurs obligations salariales.

Entre dilapidation des ressources de l’entreprise, absence de transparence financière, mépris des engagements contractuels des accusations graves persistent.

Des pratiques qui, si elles étaient avérées, traduiraient une gestion aux antipodes des principes élémentaires de gouvernance.

Plus troublant encore, ANTW intervient comme sous-traitant pour l’entreprise Kimin. Or, selon les informations a notre possession, cette dernière ne présenterait aucun arriéré dans ses paiements envers ANTW.
Une situation qui soulève une question de savoir où passe l’argent destiné aux travailleurs ?

Ce paradoxe renforce les soupçons de mauvaise gestion interne et accentue la colère des employés, qui ne comprennent pas pourquoi leurs salaires ne suivent pas le circuit financier normal.

Contactés, les dirigeants d’ANTW n’ont pas été en mesure de fournir des explications claires.
Pire, certains ont préféré se murer dans le silence, évitant toute prise de responsabilité.

Une attitude qui alimente davantage les frustrations et donne l’impression d’un abandon pur et simple des travailleurs.

Au-delà des salaires impayés, les employés dénoncent également des conditions de travail jugées inacceptables notamment des
heures supplémentaires non rémunérées,un salaire maigre qui ne respectent pas les normes établies par la législation du travail en RDC.

Ces manquements traduisent une violation flagrante des droits fondamentaux des travailleurs.

Face à cette situation devenue critique, les travailleurs lancent un appel direct aux plus hautes autorités du pays, notamment au président de la République, Félix Tshisekedi.
Ils réclament une intervention urgente pour faire respecter leurs droits et mettre fin à ce qu’ils qualifient d’« exploitation inhumaine prolongée ».

De son côté, la société civile monte également au créneau et elle exige l’interruption immédiate du contrat liant ANTW à KIMIN son partenaire, dénonçant une entreprise « dépourvue d’éthique et de sens des responsabilités ».

Au-delà du cas ANTW, cette affaire met en lumière les failles persistantes dans le contrôle des entreprises et l’application du droit du travail en République démocratique du Congo.
Combien de travailleurs doivent encore souffrir dans l’ombre avant que des mesures concrètes ne soient prises ?

ANTW est aujourd’hui au cœur d’une tempête sociale qu’elle semble incapable ou peu disposée à affronter.

Pendant ce temps, des dizaines de familles continuent de payer le prix d’une gestion défaillante, dans un silence qui devient, jour après jour, de plus en plus assourdissant.

Kent Ilunga

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