Invité de l’émission Bosolo na Politik animée par Israël Mutombo, le Professeur Godé Mpoy a, une nouvelle fois, pointé du doigt la Banque centrale du Congo (BCC), mettant directement en cause son Gouverneur, André Wameso, dans la problématique des retards de paiement des agents de l’État.
Selon l’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, la masse salariale de l’État avait été projetée sur la base d’un taux de change avoisinant 2 850 francs congolais pour un dollar américain. Or, avec la stabilisation du franc congolais autour de 2 200 FC pour un dollar, qu’il qualifie d’« artificielle », les recettes publiques libellées en devises auraient mécaniquement diminué en équivalent budgétaire.
Pour le professeur, cette situation crée un manque à gagner important dans l’enveloppe salariale, rendant difficile le paiement régulier des fonctionnaires. Il estime que les pertes cumulées pourraient atteindre jusqu’à deux milliards de dollars américains sur le budget 2026.
Godé Mpoy souligne également que les recettes issues de la TVA et de l’IRPP relatives au 12ᵉ et 13ᵉ mois 2025, perçues en janvier 2026, sont affectées par ce même taux de change. Il affirme qu’aucune régie financière n’a atteint ses assignations au mois de janvier, aggravant davantage les tensions de trésorerie.
Il interprète par ailleurs la promesse du gouvernement de clôturer la paie en quelques jours comme une reconnaissance implicite des difficultés de trésorerie, même si l’exécutif cherche, selon lui, à éviter toute panique au sein de la population.
Dans son analyse, Godé Mpoy dégage la responsabilité du ministre des Finances, Doudou Fwamba, qu’il considère comme victime des conséquences d’une politique monétaire qu’il ne contrôle pas. À ses yeux, la responsabilité principale incombe à la Banque centrale du Congo, en raison de la stratégie de stabilisation du franc congolais.
Cette sortie médiatique relance le débat sur la coordination entre politique monétaire et politique budgétaire, alors que la régularité de la paie des agents de l’État demeure un indicateur sensible de la stabilité économique et sociale du pays.
ML






