Un vent d’optimisme souffle sur les finances publiques congolaises. La République démocratique du Congo entrevoit, avec une confiance renouvelée, la sortie imminente de la “liste grise” du Groupe d’action financière (GAFI). Au cœur de cette avancée : une volonté politique affirmée et une orchestration rigoureuse des réformes.
Sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, le Ministre des Finances Doudou Fwamba a présidé, jeudi 19 mars, une réunion stratégique de la Task-Force du Comité de pilotage et de suivi du plan d’actions du Groupe d’examen de la coopération internationale (COPS-ICRG). Une rencontre de haut niveau, où technicité et ambition se sont conjuguées dans une même partition.

Autour de la table, les piliers de l’appareil institutionnel : le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, la Vice-ministre des Finances Gracia Yamba, ainsi que le Gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wa Messo. À leurs côtés, les structures spécialisées engagées dans la traque des flux financiers illicites.
Le bilan présenté a des accents de victoire. Sur les 23 actions prioritaires arrêtées avec le GAFI, 20 ont été pleinement exécutées, portant le taux de réalisation à près de 90 %. Une progression remarquable, saluée comme le fruit d’un travail méthodique et d’une coordination sans faille.
« La sortie de la liste grise est un objectif stratégique », a martelé le ministre, soulignant l’enjeu crucial : restaurer la crédibilité financière du pays et renforcer son attractivité économique.
Derrière ces chiffres, une transformation en profondeur se dessine : un cadre légal consolidé, notamment avec la loi n° 25/048 du 1er juillet ; une montée en puissance des enquêtes et poursuites pour blanchiment de capitaux ; et un dispositif de contrôle affiné, fondé sur une approche par les risques, sous la supervision de la Banque centrale et des autorités compétentes.

Mais l’heure est désormais à la dernière ligne droite. En avril prochain, en Namibie, la RDC se présentera à l’épreuve décisive du face-à-face avec les évaluateurs internationaux. Trois actions restent à finaliser, portant notamment sur l’effectivité des sanctions et la consolidation des contrôles opérationnels.
Dans cette marche résolue, deux jalons majeurs se profilent à l’horizon : l’adhésion annoncée au Groupe Egmont en juin 2026, symbole d’une ouverture accrue à la coopération internationale en matière de renseignement financier, ainsi que l’intégration au ESAAMLG, qui viendra asseoir davantage le positionnement régional du pays.
Soucieuse d’inscrire ces acquis dans la durée, l’équipe gouvernementale prépare déjà l’après : un plan d’actions post-ICRG est en gestation, destiné à préserver les avancées et à prévenir tout retour en arrière.
Dans le silence studieux des salles de réunion, une conviction s’impose désormais avec éclat : la RDC n’est plus à la traîne. Elle avance, déterminée, vers une ère nouvelle où transparence rime avec confiance, et où rigueur financière devient promesse d’avenir.
Guy Yuma G-Y





