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RDC/Mines : un accord-cadre pour formaliser l’or artisanal

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La République démocratique du Congo a signé, jeudi 19 février, un Accord-cadre institutionnel lançant le Programme national Axis et l’initiative Goldconnect, intégrant le mécanisme financier innovant du Sovereign gold reserve Token (SGRT), au cours d’une cérémonie placée sous le haut patronage du président Félix Tshisekedi.

Un secteur artisanal sous tension

L’or artisanal, qui représente une part significative de la production nationale, reste dominé par l’informel, la contrebande et l’absence de traçabilité. Ces failles privent l’État de recettes fiscales majeures et alimentent des circuits parallèles, parfois liés à des réseaux criminels. L’accord signé entend répondre à ces défis en structurant les chaînes d’approvisionnement et en imposant des mécanismes de traçabilité.

Le pari du SGRT

Au cœur de l’innovation, le Sovereign Gold Reserve Token se présente comme un jeton souverain, adossé aux réserves aurifères nationales. L’émission initiale prévoit 50 millions de SGRT, collatéralisés par 200 millions de grammes d’or souterrain, avec une conversion progressive en pièces d’or physique (SGCT) sur 15 ans. L’objectif affiché est de mobiliser des financements sans recourir à l’endettement extérieur ni compromettre la souveraineté nationale.

Une volonté politique affirmée

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a insisté sur la portée stratégique de l’accord : « Ce n’est pas une formalité administrative, mais un acte majeur pour consolider la gouvernance du secteur minier artisanal. »

Les ambitions sont multiples : intégrer les exploitants artisanaux dans le circuit formel, garantir la transparence des flux, renforcer la souveraineté nationale sur les ressources et accroître les retombées économiques pour les communautés locales.

Les défis à surmonter

Malgré l’élan institutionnel, plusieurs obstacles se dressent : la contrebande persistante, qui mine les efforts de traçabilité, la méfiance des exploitants artisanaux, souvent réticents à rejoindre les dispositifs officiels, la crédibilité du SGRT sur les marchés financiers, qui devra convaincre investisseurs et partenaires internationaux, la robustesse du cadre juridique, indispensable pour éviter toute remise en cause de la souveraineté nationale.

Une transformation à confirmer

À travers Axis et Goldconnect, la RDC affiche une volonté claire : transformer ses richesses naturelles en leviers de développement inclusif et responsable. Mais au-delà des annonces, l’enjeu sera de traduire cette ambition en résultats concrets : recettes fiscales accrues, communautés locales réellement bénéficiaires, et une gouvernance minière débarrassée de ses zones d’ombre.

B.M.

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