La crise politique autour du sénateur Modeste Bahati Lukwebo continue de provoquer des remous au sein de la majorité présidentielle. Dans une déclaration rendue publique, la fédération UDPS/Tshisekedi du Sud-Kivu exige l’arrestation immédiate du deuxième vice-président du Sénat, sa radiation de l’Union sacrée de la Nation, ainsi que sa démission de toutes les fonctions qu’il occupe dans les institutions.
Dans cette prise de position particulièrement ferme, la structure provinciale du parti présidentiel demande également la démission des membres de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A), le regroupement politique dirigé par Bahati Lukwebo, de tous les postes qu’ils occupent dans les institutions. L’UDPS/Tshisekedi du Sud-Kivu dit par ailleurs rejeter catégoriquement les excuses présentées récemment par le sénateur et considère qu’il s’est lui-même exclu de la majorité.
Cette nouvelle tension trouve son origine dans les déclarations faites par Bahati Lukwebo lors d’une conférence de presse tenue le 4 mars 2026. Interrogé sur la question sensible de la révision ou du changement de la Constitution, l’ancien président du Sénat avait estimé que la RDC n’avait pas un problème de textes mais plutôt de dirigeants et de mentalités. Ces propos ont été interprétés par certains acteurs politiques comme une prise de distance vis-à-vis du débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle.
La sortie médiatique du sénateur a rapidement déclenché une tempête politique au sein de la majorité. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs responsables de l’Union sacrée ont dénoncé une position jugée contraire à la ligne politique de la coalition soutenant le président Félix Tshisekedi. Au Sénat, certains élus ont même évoqué une motion de défiance contre le deuxième vice-président de la chambre haute.
Sous pression, Bahati Lukwebo a finalement tenté d’apaiser la situation. Dans un message adressé à ses collègues sénateurs le 10 mars 2026, il a présenté ses excuses pour toute incompréhension et a réaffirmé sa loyauté au chef de l’État ainsi que son engagement au sein de l’Union sacrée. Il a également insisté sur le fait qu’il ne s’était jamais opposé à une éventuelle modification de la Constitution, affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte.
Malgré ce rétropédalage, la polémique ne semble pas retomber. Les appels à des sanctions politiques contre l’autorité morale de l’AFDC-A continuent de se multiplier dans certains cercles de la majorité. La déclaration de l’UDPS/Tshisekedi du Sud-Kivu marque ainsi une nouvelle escalade dans cette crise qui met en lumière les tensions internes au sein de la coalition au pouvoir.
ML






