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RDC : l’armée face à ses fantômes, cas de Willy Mihigo

Le masque tombe progressivement et les vieux démons se dévoilent à mesure que le temps passe. L’armée est toujours là face à ses fantômes que la vigilance active doit neutraliser. Quatre présumés mercenaires rwandais ont été arrêtés par la Maison militaire, soupçonnés d’avoir planifié une attaque contre le président Félix Tshisekedi. Parmi eux, un nom qui résonne comme un symbole des contradictions de l’armée congolaise : le lieutenant-colonel Willy Mihigo. La question des infiltrés dans l’armée, voire dans les institutions brûle encore les lèvres.

Ancien agent de la DEMIAP, le renseignement militaire congolais, cet officier au profil technique n’est pas un simple soldat égaré. Une pièce réactivée dans l’objectif d’agir le moment venu.

Son parcours est celui d’une trajectoire sinueuse, révélatrice des failles béantes de notre système sécuritaire. Ancien rebelle, passé par le RCD, le CNDP de son frère Laurent Nkunda, puis le M23 en 2012, Mihigo a été intégré aux FARDC par le fameux processus de « mixage » et de « brassage ». Arrêté, détenu à Ndolo, puis relâché, il vivait ces dernières années à Kinshasa, au cœur de la cité de l’OUA.

Voilà l’illustration parfaite d’une armée qui, au nom de la paix, a ouvert ses portes aux loups. Et la bergerie en est pleine…

Le poison du « brassage »

Le « brassage » devait être une solution : intégrer les anciens rebelles pour tourner la page des guerres. Mais il s’est transformé en une machine à fabriquer des loyautés ambiguës, des officiers à double visage, capables de servir la République le jour et de la trahir la nuit.

Willy Mihigo n’est pas un cas isolé. Il est le produit d’une infiltration silencieuse mais bien structurée d’un système qui a préféré la réconciliation de façade à la sécurité réelle. Et ce système a coûté cher : infiltrations, mutineries, complicités internes, fragilisation des institutions.

Les brebis galeuses aux desseins funestes

Chaque fois que l’on découvre un officier impliqué dans des réseaux obscurs, c’est la même indignation populaire : comment ces hommes ont-ils pu rester dans l’armée ? Comment leur a-t-on confié des responsabilités alors que leur passé rebelle était connu de tous ?

La réponse est simple : par calcul politique, par naïveté, par compromission. Mais le prix payé est lourd. La nation est exposée, le président lui-même menacé, et l’armée décrédibilisée.

L’heure des décisions fermes

Le peuple congolais ne veut plus de demi-mesures. Les infiltrations ont fait plus de mal que de bien. Elles ont affaibli l’État, miné la confiance, et ouvert la voie à des complots qui mettent en péril la souveraineté nationale.

Il est temps de dire stop. Tolérance zéro pour les anciens rebelles encore tapis dans les rangs. Tolérance zéro pour les loyautés douteuses. Tolérance zéro pour les réseaux qui gangrènent l’armée.

Car une armée infiltrée n’est pas une armée. C’est une passoire. Et une passoire ne protège pas une nation.

Le moment de vérité

Le cas Willy Mihigo est un signal d’alarme. Il rappelle que l’armée congolaise ne peut pas continuer à porter ses fantômes. Le temps des compromis est révolu. Le pays exige une armée loyale, disciplinée, débarrassée des brebis galeuses aux desseins funestes.

Le peuple attend des décisions fermes, sans compromis. Car sans une armée solide et purifiée, la RDC restera vulnérable. Et l’histoire nous a déjà trop montré ce que coûte la faiblesse.

B.M.

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