Depuis l’épicentre brûlant de Goma, Joseph Kabila a choisi de briser le silence, accordant une interview à la presse belge après une longue discrétion. Une sortie médiatique aussi inattendue que percutante, qui surgit dans un climat politique sous haute tension en République démocratique du Congo.
À en croire les premiers extraits ayant fuité, le ton est grave, presque crépusculaire. L’ancien chef de l’État dénonce avec vigueur la situation actuelle, appelant sans détour à « mettre fin à cette dictature et à la tyrannie qui se sont installées ». Des mots lourds, qui claquent comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé du débat politique congolais.
Mais c’est surtout par la portée de son analyse que Joseph Kabila marque les esprits. Là où certains évoquent une balkanisation, lui parle d’une « soudanisation » de la crise, traçant un parallèle saisissant avec Soudan et les mécanismes ayant conduit à son implosion. Une image forte, presque prophétique, qui traduit l’ampleur de ses inquiétudes face à l’évolution de la situation nationale.
Au fil de cet échange, l’ancien président est également revenu sur la frappe survenue il y a deux semaines, visant la résidence de son épouse à Goma. Un épisode sensible qu’il évoque avec retenue, affirmant néanmoins garder le moral, comme un homme debout face aux secousses de l’histoire.
Ainsi, dans le tumulte des incertitudes, cette prise de parole résonne comme un signal fort, presque un réveil politique. Entre dénonciation frontale, analyse lucide et posture de résilience, Joseph Kabila signe un retour chargé de symboles, ravivant les lignes de fracture et les espoirs d’un pays en quête d’équilibre.
Guy Yuma G-Y






