L’opposant Delly Sesanga a livré, samedi 21 mars, une critique frontale de la gestion du pays, dénonçant « huit ans de lourds sacrifices imposés au peuple » au profit d’un système qu’il qualifie d’« enrichissement d’une minorité dirigeante ». À travers une série de déclarations incisives, il décrit une gouvernance marquée par l’inefficacité de l’État, incapable selon lui d’assurer ses missions essentielles, notamment le paiement régulier des agents publics et la régulation des services de base.
Sur le plan social, il met en avant la détérioration des conditions de vie, évoquant des salaires impayés, une insécurité grandissante et une capitale asphyxiée. À Kinshasa, il décrit une ville « étranglée par les embouteillages », où « un pouvoir arrogant traverse la misère du peuple au son des sirènes », sans apporter de réponses concrètes aux problèmes de circulation et d’ordre public. Il dénonce également une insalubrité persistante, des routes dégradées et un désordre urbain qu’il attribue à « l’incurie » des autorités.
L’opposant insiste par ailleurs sur la montée de l’insécurité, affirmant que « l’on tue, agresse et kidnappe en plein jour », dans une indifférence qu’il juge préoccupante de la part du pouvoir en place. Selon lui, cette situation traduit une rupture profonde entre les dirigeants et les réalités quotidiennes des Congolais.
Ciblant directement le chef de l’État, Delly Sesanga évoque « une alternance sans changement réel », marquée par l’absence de « dividendes sociaux » pour la population. Il appelle ainsi à un bilan clair de ces années de gouvernance, qu’il qualifie de « fin de règne » et de « responsabilité écrasante » face à la détresse du peuple congolais.
Dans la même dynamique, il met en garde contre toute tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel. « Aucun pouvoir n’est au-dessus de la Constitution », insiste-t-il, rejetant fermement toute idée de prolongation indéfinie du pouvoir. Il dénonce ce qu’il considère comme une dérive autoritaire, évoquant le risque d’« installation d’un pouvoir personnel » qu’il assimile à une rupture du pacte républicain.
Pour lui, toute initiative visant à modifier les règles démocratiques au profit des dirigeants constituerait « un acte de violence politique » et un recul dangereux pour l’État de droit. En référence à l’histoire politique du pays, il rappelle que les Congolais ont déjà combattu et vaincu des systèmes assimilés à des dérives dictatoriales, notamment durant la Deuxième République au Congo, un rappel qui sonne comme un avertissement face à toute tentative de concentration excessive du pouvoir.
ML






