L’organisation citoyenne CongoMonnaie tire la sonnette d’alarme face à l’usage croissant du dollar américain pour le paiement des droits et taxes publiques, une pratique qui, selon elle, met en péril la souveraineté monétaire de la République démocratique du Congo et fragilise l’économie nationale.
Dans une déclaration publiée le 7 mars, CongoMonnaie réagit à un document attribué à la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) et largement partagé sur les réseaux sociaux. Ce document fixe les montants des amendes pour infractions routières exclusivement en dollars, une pratique jugée contraire à la législation nationale qui consacre le franc congolais comme monnaie officielle du pays.

Pour l’organisation, cette situation accentue une dollarisation déjà préoccupante de l’économie congolaise, où plus de 80 % des transactions se font en devises étrangères. Dans un pays où près de 63 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, cette dépendance aux dollars renforce les inégalités : les citoyens perçoivent leurs revenus en francs congolais mais doivent faire face à des prix indexés sur la monnaie américaine.
CongoMonnaie met également en garde contre l’affaiblissement de la politique monétaire de la Banque centrale du Congo et l’érosion de la confiance des Congolais envers leur monnaie nationale. L’organisation appelle à une mobilisation nationale pour restaurer le franc congolais comme vecteur principal des transactions locales et symbole de souveraineté économique.
Pour remédier à cette situation, CongoMonnaie recommande au gouvernement d’instaurer un moratoire immédiat sur l’utilisation du dollar pour le paiement des taxes et droits internes, et de généraliser le recours au franc congolais dans l’ensemble des services publics. Elle exhorte également les régies financières et les acteurs économiques à soutenir cette dynamique de dédollarisation afin de renforcer l’indépendance et la stabilité financière du pays.
Guy Yuma G-Y






