À Bunia, l’histoire s’est écrite dans un cri de joie, une clameur venue du cœur. La qualification de la République démocratique du Congo à la Coupe du monde a embrasé la capitale provinciale de l’Ituri, portée par un nom désormais gravé dans toutes les mémoires : Axel Tuanzebe, enfant du terroir et artisan d’un but devenu légende.
Dans les artères de la ville, l’émotion déborde, irrépressible, presque sacrée. Au quartier Hoho, Lauren Kataliyo laisse parler son cœur : « C’est une immense fierté pour nous. Voir un fils de Bunia qualifier tout un pays à une telle compétition… c’est inoubliable ». Derrière ses mots, c’est toute une population qui se redresse, trouvant dans cet instant une parenthèse lumineuse après des années d’épreuves.
À Yambi Yaya, Bosco Weci donne à l’exploit une résonance plus profonde encore. « Ce but est historique, pas seulement pour le sport, mais pour ce qu’il représente. Malgré l’insécurité, l’Ituri continue de produire des talents capables d’unir un peuple », souligne-t-il, comme pour rappeler que la grandeur naît parfois dans les terres les plus éprouvées.
Même intensité au quartier Lumumba, où Germain Rusoke évoque un tournant émotionnel : « Tuanzebe nous a redonné l’espoir, la dignité, et ce sentiment d’unité que nous avions presque perdu ». Plus qu’un but, c’est une étincelle qui ravive la flamme collective, un souffle nouveau qui reconnecte Bunia au reste de la nation dans une dynamique de fierté partagée.
Et lorsque la nuit est tombée, la ville s’est transformée en un théâtre de liesse. Chants, danses, klaxons et embrassades ont envahi les rues, comme une symphonie populaire célébrant bien plus qu’une qualification. À travers cette euphorie, c’est toute la République démocratique du Congo qui a rassemblé un peuple debout, uni, vibrant prêt à rêver plus grand, ensemble.
Guy Yuma G-Y






