La candidature du Professeur Gilbert Kishiba Fitula au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’inscrit dans un contexte international marqué par l’incertitude géopolitique, la recomposition des alliances et la remise en question du multilatéralisme classique.
Recteur de l’Université de Lubumbashi depuis 2015, universitaire chevronné et juriste de formation, il présente un profil académique et institutionnel qui conjugue expertise scientifique, expérience administrative et engagement dans les débats contemporains de gouvernance.
La trajectoire qui conduit Gilbert Kishiba Fitula de la gouvernance universitaire nationale à des responsabilités au sein de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), jusqu’à sa candidature à la tête de l’OIF, s’inscrit dans un contexte diplomatique renouvelé pour la République Démocratique du Congo.
Elle fait écho à la volonté politique affirmée du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de repositionner le pays comme un acteur crédible, constructif et influent au sein des organisations multilatérales, notamment dans l’espace francophone.
Dans cette dynamique, la candidature du Pr Kishiba apparaît comme l’expression d’une diplomatie académique assumée, où savoir, gouvernance et politique étrangère convergent.
Né le 13 septembre 1962 à Sakania, dans le Haut-Katanga, Gilbert Kishiba Fitula réalise l’ensemble de son cursus supérieur en République démocratique du Congo. Licencié en droit au début des années 1990, il soutient en 2005 un doctorat en droit à l’Université de Lubumbashi.
Sa carrière débute en 1997 comme assistant à la Faculté de droit. Il occupe successivement les fonctions de conseiller juridique du recteur (1998-2004), vice-doyen chargé de l’enseignement, puis doyen de la Faculté de droit (2014-2015).
Depuis près d’une décennie, il dirige l’Université de Lubumbashi, l’un des plus importants établissements d’enseignement supérieur du pays, où il a engagé des réformes académiques et renforcé la structuration scientifique.
Spécialiste du droit constitutionnel et du droit international public, il est auteur de plusieurs publications portant notamment sur
les organisations internationales ;
la sécurité collective ;
la gouvernance des ressources naturelles ;
l’articulation entre Code minier, Code foncier et Code forestier.
Son engagement au sein de l’AUF, où il a exercé des responsabilités de représentation et de gouvernance, lui confère une connaissance directe des mécanismes institutionnels francophones.
Si son élection devait se concrétiser lors du 20ᵉ Sommet de la Francophonie, prévu en novembre prochain, le Professeur Kishiba serait confronté à des défis majeurs.
Il devra réinventer la pertinence politique de la Francophonie
en démontrant qu’elle est plus qu’un espace linguistique et qu’elle est attendue sur le terrain de la médiation, de la prévention des crises et de l’accompagnement des transitions politiques.
Le futur Secrétaire général devra renforcer la crédibilité de l’institution en matière de gouvernance démocratique, tout en maintenant un dialogue équilibré avec des États aux réalités diverses.
En suite il doit faire de
la jeunesse un levier stratégique.
Autrement dit, avec une majorité de ses locuteurs situés en Afrique et une population largement jeune, l’espace francophone doit investir dans l’éducation, la recherche et l’innovation numérique.
L’expérience du Pr Kishiba à la tête d’une grande université constitue un atout pour promouvoir une Francophonie du savoir, fondée sur la mobilité académique, la coopération scientifique et la valorisation des talents.
Et enfin il devra enforcer la solidarité économique et environnementale car les enjeux climatiques, la transition énergétique et la gouvernance responsable des ressources naturelles figurent parmi les priorités mondiales.
L’OIF est appelée à accompagner ses États membres vers des modèles de développement durables et inclusifs.
L’expertise du Pr Kishiba en droit minier et en gouvernance des ressources naturelles pourrait contribuer à nourrir cette orientation stratégique.
Le parcours de Gilbert Kishiba Fitula présente les traits d’un universitaire complet ; une formation rigoureuse, une production scientifique soutenue, une expérience administrative et l’engagement constant dans les débats de gouvernance.
Toutefois, la fonction de Secrétaire général de l’OIF exige également une forte capacité diplomatique, un sens aigu de la négociation et une vision stratégique capable de fédérer des États aux intérêts parfois divergents.
A travers cette candidature, c’est aussi la République démocratique du Congo l’un des plus grands pays francophones du monde qui aspire à jouer un rôle plus affirmé dans la définition de l’avenir de la Francophonie.
L’enjeu dépasse donc une simple échéance électorale car il s’agit de déterminer quel type de leadership la Francophonie souhaite incarner dans un monde en recomposition.
Notons que l’élection prévue lors du Sommet de la Francophonie en novembre de cette année, constituera une étape décisive.
Si le Pr Gilbert Kishiba Fitula accède à la tête de l’OIF, il lui reviendra d’incarner un leadership capable de conccilier diversité culturelle, exigence démocratique et solidarité stratégique autant de défis à la mesure des ambitions de l’espace francophone.
Kent Ilunga






