À l’aube de ce samedi 7 mars, la vallée de Gatabi s’est réveillée sous un silence lourd. Vers 4 heures du matin, un pan de colline s’est effondré près des puits du site minier de Gakombe, emportant tout sur son passage. Les habitants évoquent un grondement sourd, suivi d’un nuage de poussière qui a recouvert le village.
Scènes de désolation
À la mi‑journée, les volontaires s’activaient encore, les mains dans la terre, cherchant à dégager les corps. Dix dépouilles avaient déjà été retrouvées, dont six enfants. Les maisons de Gatabi, construites en pisé et en bois, ont été englouties par les rochers et la boue. Les blessés, une dizaine, ont été transportés vers les rares structures médicales disponibles.
« Nous n’avons que des pioches et nos mains », souffle un jeune homme, couvert de poussière, qui creuse sans relâche. Autour de lui, des femmes pleurent, assises sur les débris de ce qui fut leur foyer.
Les creuseurs, pris au piège de la survie
Le drame s’est produit alors que les creuseurs artisanaux étaient déjà au travail. Dans ces mines informelles, les activités commencent dès 3 heures du matin. Personne ne sait combien d’hommes et de femmes étaient présents dans les galeries au moment de l’éboulement.
Pourtant, malgré la catastrophe, les puits voisins continuent de résonner du bruit des pelles et des bassines. « Nous n’avons pas d’autre choix », explique un habitant. « Le risque fait partie de notre vie. Nous travaillons pour survivre. »
Une série noire dans le Masisi
Cet éboulement survient seulement trois jours après celui de Gasasa, où plus de 200 personnes auraient péri. Deux drames en moins d’une semaine, révélant la fragilité extrême des sites miniers artisanaux du Nord-Kivu. Des collines instables, saturées de galeries creusées sans normes de sécurité, où chaque journée de travail peut se transformer en tragédie.
B.M.






