Le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, pleure encore ses morts. Treize vies arrachées, cette fois-ci, par le choléra, trente-quatre autres suspendues à des soins précaires dans des centres de santé démunis. Et pendant que les familles enterrent leurs proches, le silence des autorités résonne plus fort que les cris des malades.
Absence de riposte
Depuis février, l’épidémie s’étend dans les aires de santé d’Iganda, Tuseswa, Kalole. Les structures locales n’ont ni médicaments, ni moyens. Les soignants improvisent, les familles désespèrent. La société civile dénonce une absence totale de riposte. Mais qui écoute ? Qui agit ?
Ce n’est pas la première fois. Rougeole en janvier, choléra en février, demain quelle autre épidémie ? Mwenga est devenu le laboratoire de l’abandon. Chaque crise sanitaire y trouve un terrain fertile, chaque maladie y prospère, parce que l’État n’y plante ni infrastructures, ni prévention, ni dignité.
Le choléra n’est pas une fatalité
Le choléra se soigne. Le choléra se prévient. Mais à Mwenga, il se transforme en sentence de mort, faute de médicaments, faute de volonté. Treize morts, ce sont treize accusations contre un système qui préfère détourner le regard.
La société civile appelle à l’aide. Elle supplie le gouvernement, elle interpelle les partenaires humanitaires. Mais combien de morts faudra-t-il pour que Kinshasa se réveille ? Combien de cadavres pour que les bailleurs se mobilisent ?
Mwenga crie, qui répondra ?
Le choléra n’est pas seulement une maladie. À Mwenga, il est devenu le miroir de l’indifférence. Et cette indifférence tue plus sûrement que les bactéries.
B.M.






