Une opération conjointe des services de sécurité de la province du Lualaba a permis l’interception de quinze camions transportant des minerais d’origine frauduleuse dans la nuit du samedi 31 janvier au dimanche 1er février 2026.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre des actions menées par une commission mixte opérationnelle 24h/24, chargée de lutter contre la fraude minière et le non-respect des règles de circulation en milieu urbain.
Placée sous la coordination du général Roger Isiyo, commissaire divisionnaire de la Police nationale congolaise (PNC) au Lualaba, et de Me Trésor Mahamba, directeur provincial de la Lutte contre la criminalité, l’opération a surpris plusieurs poids lourds tentant de contourner le poste de péage afin d’accéder illicitement au centre-ville de Kolwezi.
Ces faits constituent une violation flagrante de l’arrêté de la gouverneure Fifi Masuka Saïni interdisant la circulation des camions de gros tonnage en zone urbaine, une mesure visant à préserver la voirie et à garantir la sécurité publique.
Pris en flagrant délit, les chauffeurs ont abandonné leurs véhicules et pris la fuite. Les camions ont été immobilisés à proximité de l’église méthodiste. Le mode opératoire observé révèle une organisation structurée, loin d’un acte isolé ou accidentel.
Cette intervention mérite d’être saluée, tant elle témoigne de la vigilance des services de sécurité et de leur volonté de faire respecter l’autorité de l’État, tout en protégeant les recettes publiques dans une province où le secteur minier demeure stratégique.
Cependant, la répétition de ce type d’infraction soulève de sérieuses interrogations. Comment expliquer que des réseaux de fraude continuent d’emprunter les mêmes itinéraires et d’utiliser des procédés similaires sans être durablement démantelés ? Ces opérateurs agissent-ils avec la certitude de bénéficier de complicités ou de protections au sein de certains services ?
Une autre question centrale demeure : que deviennent ces dossiers après les interpellations ? Les enquêtes aboutissent-elles à des poursuites judiciaires effectives, à l’identification des commanditaires et à des sanctions réellement dissuasives, ou finissent-elles par s’éteindre au fil du temps ?
Si les coups de filet sont indispensables, la lutte contre la fraude minière au Lualaba ne pourra produire des résultats durables qu’à travers une réponse judiciaire rigoureuse, des enquêtes approfondies sur les réseaux organisés et une tolérance zéro face aux complicités, à tous les niveaux.
À défaut, ces opérations risquent de rester des succès ponctuels, sans impact réel sur un phénomène profondément enraciné.
Kent Ilunga






