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“L’âme de Kinshasa” : le dernier baobab de la ville menacé par l’urbanisation

Au cœur de la commune de Gombe, dans le centre historique de Kinshasa, un géant silencieux résiste encore. Planté il y a près d’un siècle, le dernier baobab de la capitale est aujourd’hui menacé par un projet immobilier.

L’arbre se dresse sur un terrain jouxtant une propriété de l’Onatra, en direction du beach Ngobila. Jusqu’à récemment, un marché très fréquenté de wax s’installait autour de lui, témoignant de sa place dans la vie quotidienne des habitants. Pour une poignée de militants écologistes, il ne s’agit pas seulement d’un arbre : c’est un symbole, un fragment de mémoire collective, “l’âme de Kinshasa”.
Une ville qui perd son ombre

Les plus anciens se souviennent d’avenues bordées d’arbres et d’imposants baobabs dressés devant les bâtiments officiels. Mais l’urbanisation galopante et anarchique a eu raison de la plupart de ces géants. “On est en train de détruire la ville”, déplore un septuagénaire depuis sa pépinière coincée entre deux tours de béton. Autour de lui, le bruit des marteaux-piqueurs illustre la frénésie immobilière qui grignote chaque parcelle de verdure.

Le dernier bastion vert
Ce baobab est devenu le point de ralliement des militants écologistes. Pour eux, sa survie dépasse la simple protection d’un arbre : elle symbolise la lutte contre une urbanisation sans mémoire. “Il fait partie de l’âme de Kinshasa. C’est notre devoir de le protéger”, insiste un citoyen engagé.

Quelques voix s’élèvent pour demander au gouvernement provincial de classer l’arbre comme patrimoine naturel. “Nous ne voulons pas que Kinshasa devienne une ville de béton sans racines”, affirme une habitante indignée.
Entre patrimoine et profit

Les promoteurs immobiliers avancent l’argument du développement et des besoins en logements. Les défenseurs du baobab rappellent que modernité et mémoire peuvent coexister. “Un arbre centenaire vaut plus qu’un immeuble de luxe”, martèle un étudiant en urbanisme.

Au-delà de la controverse, le sort de ce baobab soulève une question cruciale : quelle ville voulons-nous pour Kinshasa ? Une métropole où chaque mètre carré est marchandisé, ou une capitale qui préserve des repères, des lieux de mémoire et des espaces de respiration ?

Pour l’heure, le baobab continue de veiller, silhouette majestueuse au milieu des chantiers. Son avenir dépendra de la capacité des Kinois à défendre ce qui reste de leur patrimoine naturel.

B.M.

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