La solennité de la dédicace de la Cathédrale Sainte Marie Reine de la Paix, célébrée dimanche à Kolwezi, aura été de courte durée.
A peine l’émotion spirituelle retombée, une controverse d’ampleur s’est invitée dans le débat public, éclipsant en partie l’éclat de cette inauguration historique.
La cérémonie, présidée par Richard Kazadi Kamba, évêque du diocèse de Kolwezi, avait pourtant rassemblé des milliers de fidèles venus assister à l’élévation de l’édifice au rang de sanctuaire marial diocésain.
Mais c’est au moment du discours inaugural que la situation a basculé.
Abordant frontalement la question du financement des travaux, l’évêque a tenu des propos sans équivoque, ponctués d’un geste fort, frappant du poing sur la table, il a déclaré :
» Il n’y a pas eu une seule cotisation, un seul franc congolais ou dollar américain des fidèles de cette paroisse pour les travaux qui ont été exécutés. »
Avant d’insister, d’un ton ferme:
« Aucun fidèle n’a contribué à la construction de cette cathédrale. »
Des déclarations qui ont immédiatement provoqué un choc dans l’assistance.
Poursuivant son intervention, Mgr Richard Kazadi Kamba a affirmé que la réalisation de cette imposante bâtisse n’avait pas reposé sur les contributions ordinaires des paroissiens, malgré le nombre considérable de fidèles que compte le diocèse.
Dans le même élan, il a reconnu publiquement l’implication déterminante de Fifi Masuka Saini, gouverneure de la province du Lualaba, ainsi que celle de ses enfants, cités nommément comme principaux contributeurs au projet.
Selon Richard Kazadi kamba , la gouverneure et sa famille ont personnellement soutenu la construction de l’édifice, de la conception à la réalisation.
Cet aveu public a suscité des réactions contrastées, voire indignées.
Plusieurs fidèles, visiblement surpris, ont contesté ces propos, affirmant avoir contribué financièrement à travers des quêtes et offrandes spéciales organisées au fil des années.
Certains ont même brandi des enveloppes, assurant que « chaque dimanche, il y avait une offrande ordinaire et une offrande pour la construction « .
La séquence, largement relayée sur les réseaux sociaux, a enflammé les débats au sein de la communauté catholique locale.
Entre incompréhension, frustration et sentiment de mise à l’écart, de nombreux paroissiens estiment que leurs contributions même modestes mériteraient reconnaissance.
Au-delà de l’émotion et de la polémique, cet épisode met en lumière la question sensible de la transparence et de la communication autour des projets religieux d’envergure.
Ce qui devait être un moment d’unité et de communion spirituelle s’est transformé en débat public sur l’origine des fonds et la reconnaissance de l’effort collectif.
Face à l’ampleur des réactions, des voix appellent désormais à des clarifications afin d’apaiser les tensions et de préserver la cohésion au sein de l’Église locale.
Kent Ilunga






