À l’Hôtel de Ville de Kinshasa, une décision du gouverneur Daniel Bumba suscite encore la controverse : désormais, aucun mariage civil ne sera célébré sans paiement préalable des impôts et présentation du quitus fiscal.
Cette mesure, annoncée comme une exigence de « civisme fiscal », bouleverse l’un des actes les plus symboliques de la vie citoyenne. Pour beaucoup, elle franchit une ligne rouge : le mariage, droit fondamental et acte social majeur, se transforme en privilège réservé aux contribuables en règle.
Dans les rues de Kinshasa, la nouvelle fait réagir. Certains y voient une tentative de responsabiliser les citoyens face à leurs obligations fiscales. Mais la majorité dénonce une dérive : « On ne peut pas conditionner l’amour et l’union à un reçu d’impôt », s’indigne un habitant.
Le gouverneur Daniel Bumba défend sa position en affirmant que l’État doit trouver des moyens pour renforcer la collecte des recettes. Mais les critiques rappellent que le mariage civil est un droit garanti par la Constitution, et qu’en faire un instrument de pression fiscale revient à exclure les plus pauvres de la citoyenneté pleine et entière.
Cette décision relance le débat sur la gouvernance urbaine et la place de l’impôt dans la vie quotidienne. Elle met en lumière la tension entre l’autorité publique, qui cherche à imposer l’ordre fiscal, et la réalité sociale d’une population souvent marginalisée par la pauvreté et l’informel.
B.M.






