La tragédie s’est une nouvelle fois invitée dans les sites miniers artisanaux de la province du Lualaba. A Kakanda, au moins dix creuseurs artisanaux ont perdu la vie dans la carrière de Safi à la suite d’un violent éboulement.
Un drame qui plonge plusieurs familles dans le deuil et ravive une inquiétude persistante autour des conditions de travail dans ces exploitations minières.
Selon des témoignages recueillis sur place, l’effondrement de la paroi s’est produit alors que plusieurs creuseurs se trouvaient au fond du puits, occupés à l’extraction du minerai. Pris au piège sous des tonnes de terre et de roches, certains n’ont malheureusement pas pu être secourus à temps.

Mais au-delà de l’émotion suscitée par cette catastrophe, ce nouvel accident met en lumière une réalité troublante, il s’agit du troisième éboulement meurtrier enregistré dans les mines du Lualaba en l’espace de trois mois. Avant Kakanda, des incidents similaires avaient déjà été signalés à Mulondo et à Tulizembe, faisant également plusieurs victimes parmi les exploitants artisanaux.
Cette succession de drames relance inévitablement le débat sur la sécurité dans les sites miniers artisanaux, où des milliers de creuseurs travaillent quotidiennement dans des conditions souvent précaires, sans équipements adéquats ni véritable encadrement technique.
Dans ces carrières, les risques d’éboulement, d’asphyxie ou d’accidents liés aux galeries instables sont fréquents.
Pourtant, les mesures de prévention semblent encore insuffisantes.

Plusieurs observateurs dénoncent l’absence de mécanismes efficaces de contrôle, de formation et de sécurisation des sites.
Plus inquiétant encore, le silence des autorités provinciales du Lualaba ainsi que celui du ministre des Mines suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion.
Alors que les accidents se multiplient, peu d’annonces concrètes ont été faites pour renforcer la sécurité ou mieux organiser l’exploitation artisanale.
Pour certains acteurs du secteur, cette situation traduit également un problème de gouvernance dans la gestion des carrières artisanales.
L’influence politique et les intérêts économiques dans certains sites sont régulièrement pointés du doigt, au détriment du respect des normes de sécurité et de la protection des travailleurs.
Dans ce contexte, de nombreuses voix s’élèvent pour demander des mesures urgentes notamment une meilleure régulation des sites artisanaux, un encadrement technique des creuseurs, ainsi que des inspections régulières afin d’éviter que ces mines ne continuent de se transformer en pièges mortels.
Car pour beaucoup d’observateurs, une chose est claire , il ne faudrait pas que seuls les drames servent de réveil collectif. La mort répétée des creuseurs artisanaux rappelle avec brutalité qu’au cœur de la richesse minière du Lualaba, des vies humaines continuent d’être exposées à des risques extrêmes.
Le drame de Kakanda pourrait-il enfin provoquer une prise de conscience et conduire à des réformes concrètes dans la gestion des mines artisanales ?
La question reste posée, tandis que les familles des victimes, elles, attendent encore des réponses.
Kent Ilunga






