Dans le silence dense d’une nuit kinoise, la justice congolaise a frappé avec éclat. Samedi, aux environs de 23 heures, Papy Mantezolo, ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, a été interpellé alors qu’il tentait de franchir le fleuve Congo en direction de Brazzaville, accompagné de ses deux frères. Une fuite nocturne brutalement interrompue, comme saisie par la main ferme de la loi.

Derrière cette arrestation aux allures de scène cinématographique, se profile une affaire lourde : celle d’un détournement présumé de deniers publics. Depuis plusieurs semaines, l’ancien dignitaire était dans le viseur du Parquet général près la Cour de cassation, multipliant les absences aux convocations officielles, en dépit d’avertissements insistants.
Ce coup de filet relance avec vigueur le débat brûlant sur la reddition des comptes en République démocratique du Congo. Dans une société en quête de justice équitable, cette interpellation résonne comme un écho puissant aux aspirations populaires : voir enfin les responsabilités établies, sans privilèges ni passe-droits.

À travers cette action, les institutions judiciaires semblent vouloir affirmer une volonté nouvelle, celle de rompre avec les vieux démons de l’impunité. Une dynamique saluée par de nombreux observateurs, qui y voient les prémices d’un sursaut institutionnel longtemps attendu.
Plus qu’une simple arrestation, c’est un symbole qui s’impose : celui d’un État qui se redresse, d’une justice qui s’assume, et d’un peuple qui espère. Dans cette nuit où la fuite s’est heurtée à la loi, c’est peut-être une nouvelle aurore qui s’annonce pour la gouvernance et la transparence en RDC.
Guy Yuma G-Y






