Le braquage sanglant survenu à Yolo où une vie a été supprimée celle de Freddy Ekofo, vendeur de bijoux en or au grand marché où la filature a commencé, n’est pas un fait divers isolé. Il s’inscrit dans un registre d’actes criminels qui secouent la capitale et révèlent l’ampleur d’un phénomène d’insécurité devenu presque banal. Les visages des assaillants, captés par des riverains, circulent déjà. La preuve est là, visible, mais la question reste entière : l’État saura-t-il transformer ces images en justice?
Kinshasa vit au rythme des braquages, des agressions et des violences urbaines. Chaque quartier semble avoir son lot de récits macabres, chaque famille son histoire de vol ou d’attaque. Ce climat d’insécurité n’est pas seulement une menace physique : il est une atteinte à la confiance collective, une fissure dans le contrat social. Quand les criminels agissent à visage découvert et que la population doute de leur arrestation, c’est l’autorité publique elle-même qui vacille.
Le doute hante les esprits. Le crime impuni : des individus armés tuent en plein jour, et la population redoute que leurs visages filmés ne suffisent pas à les conduire devant la justice. En plus de la fragilité institutionnelle : la police et les services de renseignement sont interpellés, mais leur lenteur ou leur silence alimentent l’impression d’une autorité incapable de protéger les concitoyens.
Ce drame de Yolo est un révélateur. Il montre que l’insécurité n’est pas seulement le fait de quelques bandits isolés, mais le symptôme d’un système où l’impunité prospère. Chaque crime non résolu devient une autorisation tacite pour le suivant. Chaque silence institutionnel est une complicité involontaire.
La colère des habitants est légitime. Leur souhait est simple et universel : que les criminels soient arrêtés, jugés et condamnés. Car une société qui tolère l’impunité se condamne elle-même. Kinshasa ne peut se construire sur la peur et la résignation. Elle doit se reconstruire sur la justice et la fermeté.
Le braquage de Yolo doit être un tournant. Non pas un énième fait divers, mais un signal d’alarme. Car une capitale où l’on tue à visage découvert et où l’on doute de la justice est une capitale en danger.
B.M.






