Depuis ce mercredi soir, les territoires de Pweto, Kasenga et Sakania, dans la province du Haut-Katanga, sont plongés dans l’obscurité.
Ces entités frontalières, qui s’alimentent en énergie électrique à partir des lignes en provenance de la Zambie, font face à une interruption prolongée de courant qui alimente inquiétudes et spéculations.
Dans l’opinion certains évoquent une simple panne technique alors que d’autres, en revanche révèlent que la coupure serait liée à l’insolvabilité de la République démocratique du Congo, qui n’aurait pas renouvelé depuis 2018 son contrat dans le cadre du partenariat énergétique la liant à son voisin zambien.
Plus proches des infrastructures zambiennes que du réseau national, ces territoires dépendent historiquement d’une interconnexion avec la société publique zambienne ZESCO.
Ce choix, dicté par des considérations techniques et économiques, révèle cependant une vulnérabilité structurelle, celle d’une dépendance extérieure pour un service aussi stratégique tel que l’électricité.
Si les rumeurs d’un non renouvellement du contrat depuis 2018 et d’une utilisation continue de l’électricité sans régularisation formelle parvenaient a s’affirmer cela constitueraient un sérieux revers diplomatique et financier.
Une telle situation donnerait l’image d’un État incapable d’honorer ses engagements contractuels, malgré les rappels présumés de Lusaka. Elle poserait également la question de la gestion des accords bilatéraux dans des secteurs stratégiques.
Face à la polémique, le Directeur régional Sud de la Société nationale d’électricité (SNEL), Ralf Mbayo, est sorti de sa réserve.
Sans entrer dans les détails des causes profondes, il a reconnu l’existence d’un problème entre la SNEL et ZESCO, tout en assurant que des arrangements sont en cours et que la situation serait « interne » et appelée à être réglée prochainement.
Cette déclaration, bien que rassurante en apparence, laisse subsister plusieurs zones d’ombre.
S’agit-il d’un différend financier ? D’un désaccord contractuel ? D’un retard de paiement accumulé ? L’absence de communication détaillée entretient les spéculations.
Si les allégations d’insolvabilité se confirmaient, l’affaire dépasserait le simple cadre technique. Elle toucherait à la crédibilité internationale de la RDC.
Continuer à consommer de l’électricité sans cadre contractuel renouvelé ni régularisation financière porterait atteinte à l’image du pays et fragiliserait ses relations bilatérales.
Au delà de l’aspect diplomatique, cette crise met en évidence une problématique plus profonde, celle de la souveraineté énergétique.
Comment expliquer qu’un pays doté d’un immense potentiel hydroélectrique laisse certaines de ses entités dépendre durablement d’un réseau étranger ?
Pour les populations de Pweto, Kasenga et Sakania, l’enjeu immédiat, est de retrouver l’électricité. Mais pour l’État congolais, l’enjeu est plus large préserver sa crédibilité, sécuriser ses partenariats et consolider son indépendance énergétique.
Kent Ilunga






