La situation sécuritaire demeure tendue dans l’est de la République démocratique du Congo. La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a été la cible d’une attaque par drone tôt mercredi matin, provoquant des pertes humaines et d’importants dégâts matériels dans un quartier résidentiel.
Selon plusieurs sources locales, le bombardement est survenu vers 4 heures du matin et a visé le quartier Himbi, une zone où résideraient plusieurs responsables de la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23).
L’explosion aurait notamment touché la résidence d’un ressortissant belge identifié comme Pascal, présenté comme responsable de la concession Toyota à Goma. La maison ciblée se situerait à quelques mètres seulement de celle de la famille de Joseph Kabila.

Dans une première réaction, un responsable de l’AFC/M23 a indiqué que la rébellion était en train d’évaluer l’ampleur des dégâts humains et matériels. « Nous gérons la situation et, pour le moment, nous ne savons pas encore si l’attaque a fait des victimes », a-t-il déclaré dans un premier temps, accusant par ailleurs Kinshasa de violer le cessez-le-feu en vigueur.
Le même responsable affirme que l’objectif de cette attaque aurait été de viser les dirigeants du mouvement rebelle. « Ils cherchent à décapiter la tête de notre mouvement, mais les premières évaluations montrent que la direction est en sécurité », a-t-il ajouté.
Quelques heures plus tard, l’AFC/M23 a communiqué un premier bilan provisoire faisant état d’au moins trois morts, dont un membre du personnel humanitaire étranger travaillant pour une organisation non gouvernementale internationale. Les circonstances exactes de ces décès ainsi que l’ampleur réelle des dégâts restent encore à confirmer.
Cependant, une partie de l’opinion congolaise trouve cette version officielle difficile à croire et estime qu’il pourrait s’agir d’une stratégie de manipulation visant à créer la confusion et à influencer la perception internationale. Dès lors, il serait important que les journalistes et les organisations de l’Organisation des Nations unies mènent des enquêtes approfondies et indépendantes afin d’établir clairement les responsabilités.
Cette attaque intervient dans un contexte déjà marqué par une forte instabilité dans l’est du pays, où les tensions entre les forces gouvernementales et les groupes armés continuent d’alimenter une crise sécuritaire et humanitaire persistante.
Pour l’heure, aucune réaction officielle du gouvernement de la République démocratique du Congo n’a été rendue publique concernant ces accusations et les circonstances de cette attaque. Pendant ce temps, les autorités locales et les acteurs humanitaires poursuivent l’évaluation de la situation dans la ville, où la population vit dans un climat de grande inquiétude.
Kent Ilunga






