Claude Ibalanky, ancien ambassadeur itinérant du chef de l’État, est sorti de son silence ce jour à Goma, lors d’une conférence de presse tenue aux côtés de Corneille Nangaa et de Bertrand Bisimwa. Une apparition hautement symbolique, dans un contexte sécuritaire et politique marqué par la recrudescence des tensions dans l’Est de la République démocratique du Congo.
S’exprimant devant la presse locale, Claude Ibalanky est revenu sur son rôle au sein du Mécanisme de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, qu’il affirme avoir servi avec loyauté jusqu’à la reprise des hostilités. Selon lui, la dégradation actuelle de la situation sécuritaire trouve sa source dans le non-respect des engagements pris par le président Félix Tshisekedi lors des négociations de Nairobi avec les groupes armés.
Pour l’ancien diplomate, ces manquements ont fragilisé le processus de paix et ouvert la voie à une nouvelle spirale de violences dans l’Est du pays. Il impute cette responsabilité directement au sommet de l’État, dénonçant une gouvernance qu’il juge défaillante en matière de paix et de réconciliation nationale.
Face aux nombreuses interprétations suscitées par sa présence à Goma, Claude Ibalanky a tenu à lever toute équivoque quant à son positionnement politique.
« Je n’ai pas rejoint l’AFC/M23. Je suis venu ici par mes propres moyens pour une consultation. Je n’ai trahi personne. Je suis venu présenter mon offre », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs révélé vivre en « exil technique » depuis près d’une année, une situation qu’il présente comme la conséquence directe de ses divergences avec le pouvoir en place et de ses critiques sur la gestion du dossier sécuritaire.
À travers cette prise de parole, Claude Ibalanky signe ainsi un retour public fracassant, qui ne manquera pas de susciter de vives réactions sur l’échiquier politique et sécuritaire national.
ML






