Dans une atmosphère électrique, Modeste Bahati est monté au créneau ce mercredi 4 mars 2025. Face à la presse, l’autorité morale de l’AFDC-A et cadre influent de l’Union sacrée de la Nation a dénoncé, sans détour, « l’hypocrisie » qui entoure le débat sur la Constitution en République démocratique du Congo. Un discours tranchant, porté par une conviction assumée : le pays n’a pas un problème de textes, mais un problème d’hommes.
Pour le professeur Bahati, les controverses sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution relèvent davantage de calculs politiques que d’une nécessité institutionnelle. Il estime que la classe politique doit éviter les postures spectaculaires et privilégier un cadre formel de discussion, loin des caméras et des déclarations à l’emporte-pièce.
Visiblement agacé par certaines prises de position, il a fait allusion aux propos du constitutionnaliste Evariste Boshab, enseignant à l’Université de Kinshasa et ancien collaborateur de Joseph Kabila. L’idée selon laquelle une Constitution ne pourrait excéder 17 ans d’existence a été catégoriquement rejetée. « Une théorie sans fondement scientifique », a-t-il martelé, appelant à plus de rigueur intellectuelle dans le débat public.
Dans un élan rhétorique qui a capté l’attention de l’assistance, Modeste Bahati a lancé : « Comment un homme de 50 ou 80 ans peut-il manquer de maturité, et l’on viendrait dire qu’une Constitution de 17 ans est déjà vieille ? » Une comparaison percutante destinée à remettre en cause les arguments fondés sur l’âge du texte fondamental.
Au-delà de la polémique, le leader politique a invité les acteurs nationaux à faire preuve de sincérité. Selon lui, certains dissimulent leurs ambitions derrière des discours juridiques savamment construits. « Disons-nous la vérité », a-t-il insisté, estimant que le véritable enjeu réside moins dans la lettre de la Constitution que dans la volonté de la respecter.
Dans une envolée presque pédagogique, il a également interrogé la constance de ceux qui, hier encore, défendaient bec et ongles la Constitution et qui, aujourd’hui, la jugent inadaptée. « Que devons-nous retenir : leurs propos d’hier ou ceux d’aujourd’hui ? » a-t-il lancé, laissant le jugement à l’opinion publique.
Cette sortie médiatique s’inscrit dans un climat politique marqué par de vives tensions autour de la question constitutionnelle. À travers cette prise de parole énergique, Modeste Bahati entend repositionner le débat sur le terrain de la responsabilité et de la cohérence, plaidant pour une classe politique plus mature, capable de hisser la Nation au-dessus des querelles d’intérêts.
Guy Yuma G-Y






