Le président congolais Félix Tshisekedi a reçu un message clair du Congrès américain : le soutien des États-Unis à la RDC sera conditionné à des avancées concrètes sur la paix et la gouvernance. Reçu au Capitole par les sénateurs Jim Risch (Républicain) et Jeanne Shaheen (Démocrate), dirigeants de la Commission des relations étrangères, le chef de l’État congolais a entendu une promesse de partenariat renforcé… mais assortie d’exigences fermes.
Les élus américains ont dénoncé l’occupation persistante de territoires congolais par le M23, soutenu par le Rwanda, et exigé le retrait immédiat des forces rwandaises. « Une condition sine qua non pour une paix durable », ont-ils martelé, qualifiant la crise humanitaire dans l’Est de « catastrophe » touchant 26 millions de personnes.
Kinshasa n’a pas été épargnée : les sénateurs ont appelé Tshisekedi à agir contre les FDLR et les milices Wazalendo, et à ouvrir un dialogue national crédible pour renforcer la cohésion interne. Ce lien explicite entre action intérieure et soutien extérieur marque une évolution notable dans la posture américaine.
Au-delà du volet sécuritaire, les discussions ont porté sur les minerais critiques et le corridor de Lobito, présenté comme un axe stratégique pour dynamiser le commerce régional et attirer de nouveaux investissements.
Ce rendez-vous envoie un signal fort : l’aide américaine ne sera plus automatique. Elle dépendra désormais de résultats tangibles, tant dans la désescalade militaire avec Kigali que dans la gouvernance interne. Pour Tshisekedi, le message est limpide : Washington veut des actes, pas seulement des engagements.
B.M.






