La décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), retirant au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 pour l’attribuer au Maroc, continue de susciter un vif débat. Jamais auparavant une nation n’avait vu son sacre annulé plusieurs semaines après la finale d’un tournoi continental.
Mais cette décision n’est pas définitive. Le Sénégal dispose de la possibilité de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester le verdict. Et selon l’expert juridique tunisien Aymen Driss, les Lions de la Teranga ont de solides arguments pour espérer récupérer leur trophée.
Une lecture contestée du règlement
Le jury d’appel de la CAF s’est appuyé sur l’article 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations, renvoyant lui-même à l’article 82, qui stipule qu’une équipe quittant le terrain avant la fin du temps réglementaire sans autorisation de l’arbitre est déclarée perdante et éliminée.
Or, pour Me Driss, l’application de ce texte au cas de la finale pose problème : « Le Sénégal a certes quitté le terrain, mais les joueurs sont revenus et le match s’est poursuivi jusqu’à son terme, avec prolongations. L’arbitre n’a jamais mis fin à la rencontre. »
Le rôle central de l’arbitre
L’expert rappelle que l’arbitre est le seul décisionnaire sur le terrain. En laissant le jeu reprendre, il a implicitement validé la poursuite du match. « Déclarer une défaite sur la seule base d’une sortie temporaire, sans arrêt définitif du match, reste juridiquement discutable », souligne-t-il.
Le principe d’équité sportive
Au-delà de la lettre des textes, Me Driss insiste sur l’esprit du règlement : garantir l’égalité des chances et protéger l’équité sportive. Une interprétation trop stricte, déconnectée des circonstances, risque de produire des décisions injustes.
Des chances réelles pour le Sénégal
En somme, l’expert estime que le Maroc aura « très peu de chances » de conserver son titre devant le TAS, contrairement au Sénégal, qui pourrait voir son sacre rétabli.
B.M.






