L’interrogatoire de Jacky Ndala à la Maison militaire a mis en lumière un réseau de complicités tapies dans l’ombre. Parmi les noms cités figure celui d’Oswald Mukingi Nahimana, ancien directeur général de l’Office congolais de contrôle (OCC), soupçonné d’intelligence avec la coalition AFC/M23 depuis Kinshasa.
Des fonds détournés vers le Rwanda
Selon les révélations, lorsqu’il dirigeait l’OCC, Mukingi Nahimana prélevait systématiquement 10 % des recettes mensuelles de l’entreprise publique pour les transférer au Rwanda, son pays d’origine. Son frère cadet, Liévin Mukingi, est identifié comme l’un des responsables du trafic de minerais dans les zones occupées, organisant leur déplacement vers le Rwanda.
Une famille impliquée dans la formation militaire
Les enfants biologiques de Mukingi Nahimana, installés aux États-Unis avec la nationalité rwandaise, seraient tous militaires. Ils auraient pour mission de former les nouvelles recrues du M23, renforçant ainsi les capacités opérationnelles du mouvement rebelle.
Recrutement et infiltration à Kinshasa
Resté à Kinshasa, Oswald Mukingi Nahimana aurait utilisé la fortune amassée au sein de l’OCC pour financer le recrutement d’officiers généraux, supérieurs et soldats de troupes, mais aussi de jeunes issus des mouvements citoyens et de l’opposition. Il aurait été chargé de mettre sur pied une aile M23 à Kinshasa, avec pour objectif d’attaquer le cortège présidentiel lors du déplacement prévu vers Bandundu, ainsi que l’aéroport international de Ndjili et certains camps militaires.
Un parcours marqué par le RCD
Ancien cofondateur du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), Mukingi Nahimana avait quitté la RDC avec les forces rwandaises lorsque Mzee Laurent-Désiré Kabila les avait fait expulser. Après l’assassinat du président Kabila, il s’était réintégré dans les institutions congolaises, occupant pendant plusieurs années la direction générale de l’OCC. Cette position stratégique lui aurait permis de faciliter l’entrée et la sortie d’armes sur le territoire congolais. Affaire à suivre…
B.M.






