La tension monte autour de la station provinciale de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) à Goma. Dans un communiqué publié le 16 octobre, le média public congolais dénonce la remise de matériel audiovisuel à cette station par les forces qu’il qualifie d’occupation. Une opération que la RTNC considère comme une tentative de propagande visant à influencer l’opinion publique et à donner une apparence de légitimité à une situation qu’elle conteste.
Face à cette initiative, la RTNC tient à lever toute ambiguïté : la réception de ce matériel ne saurait être interprétée comme un signe d’adhésion, encore moins comme un soutien de sa part. Le média public prend ainsi ses distances avec cette opération et refuse que son image soit associée à une démarche qu’il juge contraire aux intérêts de la République démocratique du Congo.
À travers cette prise de position, la RTNC remet au centre du débat une question essentielle : celle du contrôle de l’information dans une zone marquée par les tensions sécuritaires. Car, au-delà des équipements audiovisuels, l’enjeu touche à la communication, à l’influence sur les populations et à la bataille des récits qui accompagne les conflits. Dans un tel contexte, chaque geste posé autour d’un média peut revêtir une portée symbolique et politique considérable.
Réaffirmant son attachement à la souveraineté nationale, la chaîne publique appelle la population congolaise à faire preuve de vigilance face aux risques de manipulation de l’information. Elle invite ainsi les citoyens à ne pas se laisser emporter par les apparences, mais à examiner avec prudence les messages diffusés et les intentions qui peuvent les accompagner. Un appel qui rappelle que, dans les périodes de crise, la vérité demeure un enjeu majeur pour la cohésion nationale.
Cette affaire relance, une fois de plus, le débat sur la place des médias dans les zones de conflit et sur leur rôle face aux tentatives d’influence. Pour la RTNC, le message est sans équivoque : la souveraineté d’un pays ne se défend pas uniquement sur le terrain, elle se joue aussi dans la maîtrise de son récit national. À Goma, au-delà du matériel remis, c’est donc la bataille de l’information et de la confiance du public qui se trouve au cœur de cette controverse.
Guy Yuma G-Y





