Kinshasa, capitale en pleine mutation, voit progressivement se dessiner de nouvelles perspectives de mobilité. Longues de 73 kilomètres, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest ambitionnent de désengorger plusieurs axes, de rapprocher les quartiers et de faciliter les déplacements des Kinois. Pour toucher du doigt la réalité du terrain et éclairer les interrogations de l’opinion, une délégation de Bosolo Télévision, conduite par son directeur général, le journaliste d’investigation Israël Mutombo, alias Papa Sango, a effectué, samedi 10 octobre, une visite de plusieurs chantiers, aux côtés de Nico Zau Zau, directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT). Une descente placée sous le signe du constat, de l’explication et de la vérification.

Du siège de l’ACGT, dans la commune de la Gombe, à la place Royale, en passant par le boulevard Lumumba, l’entrée Djokopunda, à Kimbanseke, et l’entrée Buma, la délégation a parcouru plusieurs portions de ces infrastructures. À Buma, une importante érosion qui menaçait l’évolution des travaux aurait été maîtrisée, permettant la poursuite des aménagements. Sur d’autres tronçons, les couches de base sont visibles, tandis que certaines portions sont déjà asphaltées et marquées au sol. La visite s’est également poursuivie au pont N’djili, destiné à améliorer les liaisons entre N’djili-Kilambo et N’djili-Brasserie, avant un passage à la base-vie de COVEC, l’entreprise chargée de l’exécution de la rocade Sud-Est. Autant de points d’observation qui permettent de mesurer les avancées, sans perdre de vue les étapes encore nécessaires avant la mise en service.
L’un des temps forts de cette tournée s’est joué au point kilométrique 14, devant une portion de chaussée endommagée à la suite d’un accident. Les images de cet incident, largement relayées sur les réseaux sociaux, avaient soulevé des interrogations sur l’épaisseur du revêtement routier. Face à ces préoccupations, Israël Mutombo a privilégié le déplacement sur le terrain. Nico Zau Zau a expliqué que la couche de roulement mesurait sept centimètres et reposait sur différentes couches structurelles, notamment la base et la fondation, elles-mêmes établies sur une plateforme compactée. Pour aller au-delà des déclarations, un carottage a été effectué afin de prélever un échantillon de chaussée. Cette opération doit permettre d’examiner la structure du revêtement ; toutefois, seule l’analyse technique de l’échantillon pourra établir des conclusions sur sa conformité. Une démarche qui rappelle l’importance de confronter les débats publics aux vérifications concrètes.

La délégation s’est ensuite intéressée aux ouvrages d’art qui doivent renforcer la continuité du futur réseau routier. Devant la maquette du projet, le directeur général de l’ACGT a présenté les principales caractéristiques des rocades et leur objectif : fluidifier la circulation et faciliter les liaisons entre plusieurs secteurs de la capitale. Au pont Lukaya, long de 180 mètres, le chef de mission, Ludovic Lumendi, a apporté des précisions sur les caractéristiques techniques et l’état d’avancement de l’ouvrage. Dernière grande étape de la visite : l’échangeur de Mitendi, une infrastructure à trois niveaux dont la réalisation présente des contraintes particulières, notamment en raison de la présence de câbles électriques et de réseaux de fibre optique. Sa finition est annoncée pour décembre 2027. À l’issue de la tournée, Israël Mutombo a salué les réalisations observées et mis en avant les efforts engagés en faveur du développement des infrastructures sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Lancé le 22 juin 2024 dans le cadre de la coopération sino-congolaise, le projet des rocades couvre 73 kilomètres. La rocade Sud-Ouest est exécutée par CREC 8, tandis que COVEC est chargée de la rocade Sud-Est, sous la supervision de l’ACGT. SISC SA figure également parmi les structures techniques et contractuelles impliquées dans le projet. Ces infrastructures sont présentées comme un levier pour désenclaver certains secteurs de Kinshasa, réduire les difficultés de circulation et soutenir les activités économiques. La mise en service est annoncée à l’horizon 2027, tandis que plusieurs défis restent à relever. Le respect des normes, la qualité des ouvrages, la gestion des contraintes techniques et le suivi rigoureux du chantier seront déterminants pour atteindre les objectifs fixés.

Au-delà du bitume, des ponts et des échangeurs, les rocades portent une attente majeure : celle d’une capitale où les déplacements seraient moins pénibles et les quartiers mieux reliés. Pour les habitants de Kinshasa, l’enjeu ne se limite pas à voir de nouvelles routes sortir de terre ; il réside aussi dans leur qualité, leur durabilité et leur utilité au quotidien. La visite menée par Bosolo Télévision et l’ACGT aura ainsi permis d’observer plusieurs avancées, tout en mettant en lumière des questions techniques qui nécessitent des réponses vérifiables. Car si construire une route constitue une étape importante, garantir sa conformité, achever les travaux dans les délais annoncés et préserver durablement l’ouvrage reste le véritable test. À Kinshasa, la transformation se dessine sur le terrain ; c’est sa concrétisation au bénéfice des Kinois qui donnera toute sa valeur à ces 73 kilomètres.
Guy Yuma G-Y et Édouard Tshiama






