À Wamba, dans le Haut-Uélé, l’exploitation artisanale de l’or soulève de nombreuses interrogations parmi les creuseurs et autres acteurs locaux du secteur. Pour entendre leurs préoccupations, Israël Mutombo et l’équipe de Bosolo Télévision ont parcouru plusieurs kilomètres sur des routes difficiles avant d’atteindre cette zone minière.

Sur place, les exploitants miniers artisanaux congolais ont fait part de leurs difficultés, notamment dans l’accès aux sites aurifères et dans l’obtention des documents nécessaires à l’exercice de leurs activités.
Au cours des échanges, certains ont également mis en cause la présence d’opérateurs chinois dans l’exploitation de l’or. Selon leurs témoignages, certaines entreprises ou équipes étrangères accéderaient à des zones aurifères dans des conditions qu’ils jugent plus favorables que celles réservées aux exploitants artisanaux congolais.

Ces exploitants affirment être écartés de certains espaces où ils exerçaient leurs activités et dénoncent, plus largement, ce qu’ils considèrent comme un déséquilibre dans l’accès aux ressources aurifères de leur territoire. Certains témoignages évoquent également la présence de membres des services de sécurité aux côtés de certains opérateurs étrangers.
Ces affirmations doivent toutefois être confrontées aux titres et autorisations détenus par les différents opérateurs, au statut juridique des périmètres concernés ainsi qu’aux explications des entreprises et des services compétents.
Au-delà de la question de l’accès aux sites, les exploitants posent une autre interrogation : quelles retombées concrètes de l’exploitation de l’or reviennent aux populations qui vivent dans les zones concernées ?
Le Code minier congolais, modifié en 2018, prévoit des mécanismes destinés à faire contribuer les activités minières concernées au développement des communautés affectées. À Wamba, les exploitants veulent savoir comment ces dispositions sont appliquées dans les zones où intervient l’exploitation aurifère et quelles réalisations concrètes bénéficient aux populations locales.
Pour eux, l’enjeu ne se limite donc pas à pouvoir accéder aux sites d’exploitation. Il concerne également la transparence dans l’attribution et l’utilisation des espaces miniers, le respect des règles applicables et la prise en compte des intérêts des communautés locales.
Israël Mutombo a recueilli ces témoignages au terme de cette immersion de terrain. Les exploitants artisanaux lui ont demandé de porter leurs préoccupations auprès des autorités compétentes afin que leur situation soit examinée et que les règles encadrant l’exploitation de l’or soient effectivement respectées.

À Wamba, cette rencontre pose ainsi une question essentielle : comment garantir que l’exploitation des richesses aurifères bénéficie également aux populations qui vivent au cœur des zones où elles sont extraites ?
ML





