Kinshasa n’a pas eu droit au repos. Après son aller-retour, la veille, à Kenge, dans la province du Kwango, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a repris la route dès le lendemain pour une tournée marathon sur plusieurs chantiers de la capitale. De Ngaliema à Selembao, en passant par Bolikango, Kimbembo et le plateau des Professeurs à l’UNIKIN, le ministre a voulu toucher du doigt la réalité des travaux engagés contre les érosions, les inondations et la dégradation des infrastructures. Sur le terrain, l’heure n’était manifestement pas aux discours, mais au contrôle de l’avancement des ouvrages et à la recherche des solutions urgentes.

À la baie de Ngaliema, première escale de cette ronde, les regards se sont particulièrement tournés vers le problème des inondations. Entamés en janvier 2026, les travaux d’aménagement de l’exutoire de la rivière Ngaliema nécessitent encore un redimensionnement technique pour permettre une évacuation plus efficace des eaux. À Bolikango, dans la zone de LALU, le chantier affiche déjà 51,9 % d’exécution, avec plus de 980 mètres de collecteur construits. L’entreprise Aaron Sefu est appelée à poursuivre la cadence pour achever les 700 mètres restants d’ici décembre, avant de stabiliser les talus. À Kimbembo, où les travaux dépassent 70 %, le défi est encore plus impressionnant : sept têtes d’érosion menacent la zone. L’ACGT envisage ainsi, après la finalisation des études, deux voies perpendiculaires destinées à stabiliser le site et à ouvrir une nouvelle liaison vers le quartier Jamaïque.
Sur le plateau des Professeurs, à l’Université de Kinshasa, John Banza Lunda s’est également penché sur le bassin provisoire de rétention d’eau de COGELOS, d’une capacité de 6 000 m³. L’ouvrage doit contribuer à restaurer le système de gestion des eaux du site, autrefois constitué de 13 bassins, et s’inscrit dans le vaste projet de réhabilitation de l’Intendance générale de l’UNIKIN. Mais c’est à Selembao que la visite a pris une dimension d’urgence. Alerté par une élue locale sur la situation préoccupante du site érosif Camping, le ministre a immédiatement mobilisé ses équipes pour contenir la progression du ravin, alors que les prochaines pluies font planer une nouvelle menace sur les habitations riveraines.
Cette réaction rapide a été saluée par la députée Pepito KILALA, qui a vu dans cette intervention un motif d’espoir pour les habitants longtemps confrontés aux ravages des érosions. « Nous vous disons merci, Excellence Monsieur le Ministre, “Papa Solution”, parce que vous apportez des réponses concrètes à des érosions qui datent de très longtemps. Grâce à cet engagement, la population retrouve espoir et salue l’action du Chef de l’État », a-t-elle déclaré. Sur place, le directeur provincial de l’ACGT, l’ingénieur Kévin BABAKA, a pour sa part indiqué qu’un ouvrage de drainage de plus de 200 mètres avait déjà été construit en quelques semaines pour canaliser les eaux de ruissellement vers le bassin d’exutoire en cours de réaménagement. Une course contre la montre qui donne à voir une capitale décidée à ne plus subir en silence les coups de boutoir des eaux.
Derrière ces ouvrages, une autre bataille se joue pourtant : celle de la responsabilité citoyenne. L’ACGT appelle les habitants à ne plus transformer les ouvrages de drainage en dépotoirs, au risque de compromettre les efforts consentis et de remettre en danger les quartiers environnants. Car à Kinshasa, chaque pluie peut vite devenir une épreuve lorsque les caniveaux sont obstrués par les déchets. Entre bulldozers, collecteurs, bassins et talus à stabiliser, la bataille contre les érosions est donc loin d’être terminée. Mais sur ces différents fronts, le passage du ministre John Banza Lunda veut imprimer un message clair : face aux ravins qui grignotent la ville et aux eaux qui la mettent à rude épreuve, la réponse doit désormais être rapide, concrète et permanente.
Guy Yuma G-Y






