Depuis la ville côtière de Muanda, dans la province du Kongo-Central, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a lancé la deuxième phase de sa “Caravane infrastructurelle”.

Après avoir parcouru près de 2 900 km à travers l’ouest, le centre et le sud-est du pays jusqu’à Sakania, le “Cantonnier national” boucle désormais la boucle en s’attaquant au dernier tronçon vital : le corridor Banana-Kinshasa.
Cette initiative s’inscrit dans la politique des grands travaux impulsée par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et mise en œuvre par le gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa.
L’objectif est clair : désenclaver le pays en reliant l’océan Atlantique au Katanga, à travers un axe routier de 3 300 km qui doit transformer la mobilité et l’économie nationale.
« Lorsque l’on aura relié Banana à Kinshasa, on aura relié tout le corridor de Banana-Sakania. D’ici une année et demie, il sera possible de prendre une petite voiture à partir de Muanda et de traverser Matadi, Kinshasa, Kikwit, Tshikapa, Mbujimayi jusqu’à Sakania », a déclaré le ministre.
Le programme de cette deuxième phase est intensif : inspection des chantiers à Boma, Lukala, Matadi, Mbanza-Ngungu, Tshela et Kimpese, ainsi que la prise en charge de la RN16, axe stratégique reliant le Kongo-Central au Kwango et au Kwilu.
Port en eaux profondes de Banana : un projet phare
Au cœur de cette caravane figure le futur port en eaux profondes de Banana, géré par DP World. La Phase 1, dont la livraison est prévue pour mars 2027, comprend un quai de 600 mètres, un tirant d’eau de 18 mètres, un parc à conteneurs de 26 hectares et une capacité annuelle de 350 000 conteneurs.
Le directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a insisté sur l’urgence d’achever la modernisation de la voirie routière avant la mise en service du port.
Les travaux sur la route Muanda-Yema, déjà exécutés à 60 %, doivent être asphaltés en 2×2 voies. Mais des contraintes subsistent, notamment liées aux réseaux pétroliers et à l’érosion côtière, que les équipes tentent de stabiliser par des murs de soutènement en béton.
Lever les verrous administratifs
Pour respecter l’échéance de mars 2027, le ministre Banza Lunda entend accélérer la levée des obstacles administratifs et logistiques.
Un arbitrage gouvernemental réunira prochainement à Kinshasa toutes les parties prenantes — Urbanisme et Habitat, Office des Routes, BTC, autorités provinciales et entreprises concessionnaires — afin de régler les questions liées au déplacement des réseaux pétroliers et de la fibre optique.
Selon l’ACGT, la totalité des verrous domaniaux et administratifs devra être levée d’ici fin septembre, afin de libérer pleinement l’emprise des travaux et garantir la livraison dans les délais.
Avec cette caravane, le gouvernement veut démontrer sa détermination à transformer les infrastructures nationales et à offrir au pays un corridor moderne reliant l’océan Atlantique au cœur minier du Katanga.
B.M.






