Il est des buts qui valent bien plus qu’un simple avantage au tableau d’affichage. Celui inscrit de la tête par Yoane Wissa face au Portugal de Cristiano Ronaldo, mercredi à la Coupe du Monde 2026, appartient déjà à cette catégorie rare d’actions qui traversent le temps et s’inscrivent dans la mémoire collective d’un peuple. Un geste décisif qui a immédiatement ravivé le souvenir d’un autre coup de tête devenu légendaire dans l’histoire du football africain.
Cette comparaison a été évoquée par l’écrivain congolais Blaise Ndala, établi au Canada, lors d’un entretien accordé jeudi à l’Agence Congolaise de Presse (ACP). Pour l’auteur, le but de Wissa rappelle irrésistiblement celui marqué par le Camerounais François Omam-Biyik le 8 juin 1990 au stade San Siro de Milan, lors de la victoire historique du Cameroun face à l’Argentine de Diego Maradona en ouverture du Mondial italien.
« Le 8 juin 1990, François Omam-Biyik entre dans la légende grâce à un coup de tête mythique. Trente-six ans et neuf jours plus tard, Yoane Wissa réconcilie les Congolais avec la Coupe du monde grâce à une tête rageuse », a souligné Blaise Ndala. Une formule forte qui traduit l’émotion suscitée par cette réalisation devenue le symbole du retour éclatant de la RDC sur la scène mondiale du football.
Au-delà de la performance sportive, ce but représente une source de fierté nationale et continentale. Face à une sélection portugaise emmenée par Cristiano Ronaldo, les Léopards ont démontré que l’audace, la détermination et le talent peuvent faire vaciller les plus grandes nations du football. Comme les Lions indomptables de 1990, ils offrent aujourd’hui à toute une génération un motif d’espérance et de rêve.
Dans les rues de Kinshasa, dans les provinces et jusque dans les communautés congolaises de la diaspora, l’exploit de Yoane Wissa résonne comme une promesse. Celle d’une équipe qui refuse de subir son destin et qui écrit, match après match, l’une des plus belles pages de l’histoire du football congolais. Comme Omam-Biyik avant lui, Wissa a frappé de la tête, mais c’est dans le cœur de millions de Congolais que son geste continuera longtemps de faire écho.
Guy Yuma G-Y






