La Belgique ne compte pas interdire l’entrée sur son territoire aux ressortissants de la République démocratique du Congo en raison de l’épidémie d’Ebola. C’est la position clairement exprimée mercredi par le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, qui estime qu’aucun élément scientifique ne justifie, à ce stade, une telle mesure.
S’exprimant auprès de l’agence Belga, le responsable belge a rejeté la demande formulée par les États-Unis, qui souhaitent voir les pays européens instaurer des restrictions d’entrée visant les citoyens congolais. Selon lui, les données sanitaires disponibles ne soutiennent pas une décision de fermeture des frontières à l’égard des voyageurs en provenance de la RDC.
« D’un point de vue scientifique, il n’y a actuellement aucune raison d’imposer une interdiction d’entrée aux Congolais, bien au contraire », a déclaré Frank Vandenbroucke. Une prise de position qui met en avant l’importance d’une réponse fondée sur les faits scientifiques plutôt que sur des mesures jugées excessives ou contre-productives.
Le ministre belge est allé plus loin en critiquant ouvertement l’approche défendue par Washington. « À terme, leur politique entraînera des millions de morts », a-t-il affirmé, estimant que les restrictions généralisées risquent d’entraver la coopération internationale nécessaire pour faire face efficacement aux crises sanitaires.
Cette divergence de vues intervient alors que l’ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, a transmis aux autorités belges une demande accompagnée d’un avertissement. Washington envisage, selon lui, d’imposer à son tour des restrictions d’entrée aux pays européens qui refuseraient d’appliquer ces mesures. Dans ce bras de fer diplomatique, la Belgique semble privilégier la voie de la science et de la solidarité internationale plutôt que celle du repli, envoyant ainsi un signal fort en faveur d’une gestion rationnelle des enjeux de santé publique.
Guy Yuma G-Y






