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Journée « ville morte » : entre revendications politiques et survie quotidienne

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À Kinshasa, les appels à la « ville morte » lancés par l’opposition pour protester contre les réformes constitutionnelles se heurtent à une réalité sociale et économique implacable. Dans une capitale où une large partie de la population vit au taux du jour, l’arrêt des activités informelles et des transports signifie bien souvent l’impossibilité de se procurer les denrées de base nécessaires à la survie.

La précarité du secteur informel

L’économie de survie repose sur les marchés pirates, les petits commerces et les activités quotidiennes. Toute paralysie charrie son lot des désagréments aux conséquences immédiates.

Pour de nombreux Kinois, rester chez soi équivaut à ne pas manger le soir même. Cette dépendance aux revenus journaliers rend chaque journée de grève générale particulièrement éprouvante.

Les critiques de la population

Face à ces appels répétés, une partie des habitants reproche aux leaders politiques de ne pas prévoir de filets de sécurité sociale. Ni distribution de vivres, ni fonds de soutien ne viennent compenser la perte de revenus. Ce manque d’accompagnement accentue le sentiment d’abandon et creuse le fossé entre les revendications politiques et les besoins primaires de la population.

Les tensions socio-politiques

Des voix proches du pouvoir, comme le secretaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, soulignent régulièrement cette contradiction.

Ils accusent l’opposition d’ignorer la souffrance du peuple et appelle les Kinois à poursuivre leurs activités pour préserver l’économie locale. Ces divergences alimentent les tensions et polarisent davantage le débat public.

La réalité du terrain

Lorsqu’elles sont suivies, les consignes de « ville morte » sont vécues par la population comme un sacrifice difficile plutôt que comme un acte d’adhésion politique. Elles illustrent le décalage entre les stratégies des états-majors et les impératifs de survie des habitants.

Les mécanismes d’adaptation

En l’absence de prise en charge par les initiateurs du mouvement, les Kinois s’organisent eux-mêmes. Solidarité de voisinage, petits circuits de ravitaillement ou contournement discret des consignes : autant de pratiques qui témoignent de la résilience d’une population contrainte de jongler entre engagement citoyen et impératif alimentaire.

Les images du passé en mémoire

En tout début de semaine jusqu’à la veille de cette journée, les autorités ont exhorté la population à vaquer à ses occupations, invitant les fonctionnaires à rejoindre leurs bureaux et les élèves leurs écoles.

Pourtant, par crainte d’incidents, de nombreux parents ont préféré garder leurs enfants à la maison. Les souvenirs des journées de grève passées ont refait surface, laissant les uns perplexes, les autres dubitatifs. Timides au lever du jour, les commerces ont progressivement rouvert, malgré les appréhensions de certains tenanciers.

À la mi-journée, l’activité économique a repris presque normalement. Même constat pour les transports : taxis, bus et véhicules particuliers ont réinvesti les grandes artères, rejoignant les taxi-motos déjà présents dès l’aube. La circulation s’est densifiée au fil des heures, redonnant à la ville son animation habituelle.

B.M.

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