Le Comité national de coordination des subventions du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme a réuni, vendredi à Kinshasa, décideurs publics, acteurs de la société civile et experts de la santé autour d’un café de presse organisé dans la salle Ngwete du CCM, dans la commune de Gombe.
Au centre des échanges, un message d’alerte adressé aux autorités congolaises : la diminution des financements internationaux menace la continuité des programmes de lutte contre les trois maladies et impose une mobilisation urgente des ressources nationales.

Les participants ont rappelé que la République démocratique du Congo reste fortement touchée. Plus de 520 000 personnes vivent avec le VIH dans le pays, avec environ 23 000 nouvelles infections chaque année. Le pays représente également environ 12,6 % des cas mondiaux de paludisme et plus de 11 % des décès liés à cette maladie. En 2024, le paludisme a causé environ 610 000 décès dans le monde, essentiellement en Afrique. La tuberculose demeure, elle aussi, fortement dépendante des financements extérieurs pour sa prise en charge.
Les experts ont alerté sur des risques immédiats de rupture des soins, évoquant des pénuries déjà constatées de médicaments essentiels, notamment les antirétroviraux, les antituberculeux et les antipaludiques, ainsi que des difficultés d’accès aux traitements dans plusieurs zones du pays, particulièrement dans l’Est.

La société civile a, pour sa part, mis en garde contre une possible résurgence des épidémies si les efforts de prévention venaient à être réduits. Elle a souligné que les progrès réalisés ces vingt dernières années, marqués par une baisse estimée à 63 % de la mortalité liée aux trois maladies, pourraient être compromis en cas de recul des investissements dans la prévention, le dépistage et la sensibilisation.
Les gestionnaires de programmes ont également insisté sur le rôle central du Fonds mondial, qui finance une part importante des interventions, notamment jusqu’à 73 % des financements internationaux consacrés à la tuberculose. Une baisse de ces ressources pourrait entraîner une fragilisation du système de santé, avec moins de personnel, des équipements insuffisants et une prise en charge dégradée.
Sur le plan socio-économique, les intervenants ont averti que l’aggravation de ces maladies pourrait accroître la pauvreté, réduire la productivité et alourdir les charges des ménages.
Au terme des échanges, les participants ont lancé un appel pressant au gouvernement congolais pour renforcer son financement du secteur de la santé afin d’éviter un recul des acquis sanitaires et une crise sanitaire majeure.
ML






