Le football congolais s’apprête à vivre un tournant décisif. Le 20 mai prochain, l’Assemblée générale élective de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) désignera son nouveau président. Parmi les neuf candidats en lice, deux noms cristallisent l’attention : Shabani Nonda et Aziz Makukula. Deux anciens attaquants, deux carrières européennes, mais deux trajectoires radicalement différentes vis-à-vis du maillot national.
Shabani Nonda, le capitaine sacrificiel
Au début des années 2000, alors que la sélection congolaise traversait une crise profonde, Shabani Nonda n’était pas seulement le « Prince de Monaco ». Il était le poumon d’une équipe à l’agonie. À plusieurs reprises, il a puisé dans ses propres ressources pour éviter des forfaits humiliants, assumant un rôle de mécène là où l’État faisait défaut. Capitaine courage, il a porté le maillot bleu-jaune dans les moments les plus difficiles, risquant sa carrière pour sauver l’honneur national. Pour beaucoup de supporters, Nonda incarne la fidélité et le sacrifice.
Aziz Makukula, le parcours européen
Face à lui, Aziz Makukula affiche un CV prestigieux : Séville, Benfica, la Seleção portugaise. Mais c’est précisément ce choix de carrière internationale qui suscite des réserves. Alors que la RDC cherchait désespérément des figures pour défendre ses couleurs, Makukula évoluait sous le drapeau portugais, aux côtés de stars comme Cristiano Ronaldo. Son attachement au pays de ses origines semble avoir été relégué au second plan, ce qui alimente aujourd’hui le débat sur sa légitimité à diriger le football congolais.
Un enjeu de légitimité
Au-delà des parcours individuels, l’élection à la FECOFA pose une question de dette morale. Pour les supporters, il ne s’agit pas seulement de choisir un gestionnaire, mais un homme qui a déjà prouvé son engagement envers la nation. Nonda apparaît comme le candidat du peuple, celui qui a « mangé la poussière » aux côtés des supporters. Son projet met l’accent sur :
- le développement des catégories jeunes et féminines grâce à une meilleure canalisation des subventions FIFA et CAF
- la professionnalisation des clubs locaux par l’application effective de la loi sportive
- la maximisation des recettes de la Fédération via une gestion optimisée des contrats sportifs.
Le scrutin du 20 mai dira qui prendra les rênes de la FECOFA. Mais dans l’opinion publique, le verdict du patriotisme semble déjà tranché. Entre le mercenaire de luxe et le soldat fidèle, le peuple a choisi son camp. Reste à savoir si les urnes confirmeront ce choix.
B.M.






