Selon les estimations 2025 de l’Organisation internationale du travail (OIT), près de 50 000 cambistes à la sauvette opèrent dans les rues de Kinshasa. Ces changeurs informels disposent désormais d’une année pour trouver une activité de reconversion, faute de quoi ils risquent de sombrer dans l’oisiveté.
Cette mesure phare, annoncée par la Banque centrale du Congo (BCC), vise à stabiliser le franc congolais et à lutter contre le blanchiment d’argent.
Restreindre l’usage des dollars en espèces
En République démocratique du Congo, où le billet vert domine les transactions, le gouverneur de la BCC, André Wameso, a présenté une réforme majeure : à partir du 9 avril 2027, l’usage des espèces en dollars américains sera strictement limité.
Ce virage stratégique a été dévoilé en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, avec pour objectif de reprendre le contrôle d’une masse monétaire qui échappe largement aux circuits officiels.
« Toute transaction en espèces, en monnaies étrangères, de quelque montant que ce soit, ne pourra se faire que par voie scripturale », a précisé André Wameso, insistant sur le recours obligatoire aux opérations bancaires.
Monopole de l’importation des devises
La BCC a également annoncé qu’à compter d’avril 2027, aucune banque commerciale ne sera autorisée à importer physiquement des devises étrangères. La Banque centrale détiendra l’exclusivité de l’importation des billets en monnaies étrangères, afin de sécuriser les approvisionnements et de renforcer la traçabilité des flux financiers.
Selon l’institution, ces dispositions s’inscrivent dans une stratégie de lutte contre les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
Une transition délicate
« À partir de cette date du 9 avril 2027, aucune personne, physique ou morale, ne sera plus autorisée à effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères », a martelé André Wameso.
Cette annonce marque une étape décisive dans la volonté des autorités de réduire la dépendance au dollar et de renforcer la souveraineté monétaire. Mais elle soulève aussi des interrogations sur la capacité des cambistes à se reconvertir et sur l’adaptation des populations à un système bancaire encore jugé peu accessible.
La crédibilité de la réforme dépendra ainsi non seulement de son application, mais aussi de la capacité des autorités à instaurer un climat de confiance durable autour de la monnaie nationale et du système financier dans son ensemble.
B.M.






