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Lualaba : Eddy Kapend dans le viseur de la justice, ou la riposte contre un député trop dérangeant ?

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A Kolwezi, le climat politique au sein de l’Assemblée provinciale du Lualaba semble se tendre davantage.
Le député provincial Eddy Kapend se retrouve aujourd’hui au cœur d’une controverse politico-judiciaire qui soulève de nombreuses interrogations sur la liberté d’action des élus et l’équilibre des pouvoirs au niveau provincial.

Selon plusieurs sources concordantes, une plainte serait en préparation contre l’élu, notamment pour diffamation et divulgation de secrets professionnels. Cette initiative judiciaire, portée par le suppléant d’un membre de l’exécutif provincial en l’occurrence le fils du vice-gouverneur apparaît, aux yeux de certains observateurs, comme une manœuvre aux motivations plus politiques que juridiques.

Derrière cette affaire, se dessine en effet un malaise plus profond. Eddy Kapend, connu pour ses prises de position critiques, s’est illustré ces derniers mois par une série d’actions parlementaires jugées « dérangeantes » par une partie de ses collègues.

Son implication dans le dossier sensible des démolitions au quartier Golf ISTM, ainsi que ses multiples questions orales adressées aux membres du gouvernement provincial, notamment sur les questions d’infrastructures, ont contribué à accentuer les tensions.

Le cas le plus récent concerne une question orale adressée au ministre provincial des Finances, relative au financement public engagé dans la construction de la cathédrale Maria Polis, devenue cathédrale Sainte Marie. Une initiative qui, dans un contexte de fortes attentes sociales et de défis infrastructurels, n’a pas manqué de susciter un débat sur les priorités budgétaires de la province.

Dans une Assemblée provinciale où, selon certaines critiques, le contrôle de l’action gouvernementale peine à s’exercer pleinement, l’activisme de certains élus est parfois perçu comme une remise en cause de l’ordre établi.

Pour plusieurs analystes, la démarche visant Eddy Kapend pourrait ainsi s’inscrire dans une volonté plus large de contenir, voire d’écarter, les voix jugées trop indépendantes.
Cette affaire pose dès lors une question essentielle de savoir , dans quelle mesure les députés provinciaux peuvent-ils exercer librement leur mission de contrôle sans s’exposer à des représailles politiques ou judiciaires ?

Au-delà du cas individuel d’Eddy Kapend, c’est le fonctionnement même des institutions provinciales et la vitalité du débat démocratique au Lualaba qui se trouvent aujourd’hui interpellés.
Entre exigence de redevabilité et tentations de musellement, la ligne semble de plus en plus fragile.

Kent Ilunga

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