La scène montrant la brutalité d’un praticien censé apporter des soins a heurté la conscience collective. Ce n’est pas la communauté médicale qui expiera cet acte incontrôlé, mais la justice. L’Hôpital général de référence de Kinkole, où le Dr David Balanganyi a roué de coups une femme en état de vulnérabilité post-partum, voit sa réputation entachée par ce geste aujourd’hui sanctionné par l’arrestation du médecin. L’Ordre des médecins s’est prononcé pour sa radiation.
Parmi les voix indignées, celle du Dr Kessy Ndungi s’élève avec gravité :« En tant que médecin, la vidéo qui circule me glace le sang. Nous avons prêté serment de ne jamais nuire. Voir un confrère lever la main sur une patiente, particulièrement dans la vulnérabilité absolue du post-partum, n’est pas une simple erreur : c’est une trahison de notre mission. Le serment d’Hippocrate nous impose le respect de la personne humaine et de sa dignité. La non-collaboration d’une patiente ne sera jamais une justification à la violence physique ou verbale. La douleur n’est pas un manque de coopération. Le stress post-traumatique n’est pas de l’indiscipline. Notre rôle est d’apaiser, pas de contraindre. »
Le Dr Ndungi rappelle que les violences obstétricales font partie de ces silences qu’il faut briser : « Ce médecin a demandé de filmer, pensant prouver sa difficulté. Ce qu’il a filmé, c’est la preuve d’un abus de pouvoir systémique sur le corps des femmes. »
Son message se conclut par un double appel :
- Aux femmes : « Votre corps vous appartient, même sur une table d’accouchement. »
- Aux confrères et consœurs : « La fatigue et le stress des gardes sont réels, mais ils ne doivent jamais devenir les armes de notre frustration. Choisissons l’empathie plutôt que la domination. »
Pour elle, défendre la profession médicale, c’est justement condamner les comportements qui la décrédibilisent aux yeux du public…
B.M.






