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RDC : Récompenser l’agression, l’erreur historique à ne plus répéter

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Avec un autoportrait falsifié, Joseph Kabila s’est longtemps présenté comme le « grand pacificateur » de la République démocratique du Congo. Mais cette image est une réécriture de l’histoire. Car si l’accord de Sun City en 2003 a permis de mettre fin à une guerre ouverte, il a aussi inauguré un système pervers : la paix achetée par le partage du pouvoir avec les chefs de guerre.

La paix au prix du sang

La formule du « 1+4 » – un président et quatre vice-présidents issus des rébellions armées – a consacré une logique désastreuse. Les seigneurs de guerre, responsables de massacres et d’innombrables crimes contre des populations innocentes, ont été récompensés par des postes politiques. Ce précédent a enseigné à une génération entière que la prise d’armes était le chemin le plus rapide vers le pouvoir.

Les héritiers de la violence

Le M23 d’aujourd’hui est l’enfant monstrueux de cette paix viciée. Comme leurs aînés, ils brandissent les armes pour forcer un dialogue et obtenir une part du pouvoir. L’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa s’inscrit dans la même logique, reproduisant un schéma qui a déjà coûté des milliers de vies et maintenu l’Est du pays dans un chaos permanent.

Le cycle infernal

Récompenser l’agression par des postes politiques, c’est institutionnaliser la violence. C’est transformer le meurtre de civils en stratégie de carrière. C’est maintenir la RDC dans un cycle de guerre sans fin, où chaque groupe armé espère son tour à la table du pouvoir. Cette « sagesse » macabre a figé le pays dans une instabilité chronique, privant des millions de Congolais de sécurité et de dignité.

Une rupture nécessaire

Aujourd’hui, Félix Tshisekedi est confronté à la tentation de céder à ce vieux schéma. Mais céder serait commettre la même erreur historique que son prédécesseur. Refuser de récompenser l’agression, c’est briser le cercle vicieux. C’est envoyer un signal clair : la violence ne mène plus au pouvoir, mais à la justice.

Tout bien considéré, la RDC ne peut plus se permettre de répéter les errements du passé. La paix véritable ne se négocie pas avec ceux qui massacrent les innocents. Elle se construit par la justice, la mémoire et la fermeté. Récompenser les bourreaux, c’est renouer avec de vieux démons et condamner le pays à revivre indéfiniment les mêmes tragédies. Refuser cette logique, c’est enfin ouvrir la voie à une paix durable.

B.M.

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